SINIKÉtonnant duo avec James BluntPhilippe Rezzonico 26-01-2008 | 16h24
Paru en décembre en Europe et cette semaine à Montréal, Le Toit du monde a confirmé le statut de Sinik parmi les rappeurs de premier plan dans l’Hexagone. S’il parle plus la langue de Renaud que celle de Molière, le phrasé de ses compositions et ses structures l’apparentent plus à un Eminem français, où le poids des mots dispose d’un équivalent sonore percutant. «Je voulais surtout que le disque soit mieux fait au plan artistique, note le Français, qui sera au Club Soda le 8 février. J’avais quelques thèmes en tête, comme ceux pour De tout là-haut, avec ce clin d’oeil à Tupac qui est secondaire avec le propos, et la chanson 1 Milliard d’euros, mais rien de totalement défini.» Si le rap et le hip-hop ont été la manne des centres-villes de villes urbaines en Amérique, cette musique a pris naissance dans les banlieues en France. Mais aujourd’hui, ces barrières sont-elles tombées?
ÉTONNANTE COLLABORATION Entre des chansons fortes comme Représailles, Rue des bergères et Notre France à nous, Sinik s’est offert un étonnant duo avec l’Anglais James Blunt (Je réalise) dont la résultante est étonnante. «J’avais fait la demande et j’ai été étonné qu’il accepte parce qu’il refuse beaucoup de trucs. Au final, je trouve que ça prouve qu’il y a une unité dans le rap et dans la pop. La musique, c’est le même langage.» – Blunt ne chante pas en français, pourtant, il le parle plutôt bien. «On y a pensé à le faire chanter en français parce qu’il s’exprime bien, mais il n’était pas assez à l’aise pour ça.»
PAS UN FAN DE SARKOZY Si la chanson était née avant l’accession de Sarkozy à la présidence, ces jours-ci, le rappeur n’aime pas plus qu’avant son actuel président. «Il y a une dérive entre sa fonction et sa vie personnelle, note Sinik. Présentement, il s’applique plus à être à la une des magazines people que de gérer la France.» À la limite, l’artiste français pourrait peut être pardonner cette attitude jugée sensationnaliste à son président, s’il n’y avait pas des choses qui lui semblent plus graves au plan politique. «Le fait qu’il soit redevenu l’ami des États-Unis est déplorable. Même (Jacques) Chirac, un président issu de la droite, s’était tenu debout et avait refusé de suivre les États-Unis en Irak. Depuis que Sarkozy est redevenu l’ami des États-Unis, ça a changé la donne pour la France, et ça, c’est très dangereux.» La tournée de Sinik au Québec - Montréal, 8 février - Rouyn-Noranda, 9 février - Sherbrooke, 10 février - Québec, 13 février |