THE EDITORSÉternel recommencementPhilippe Rezzonico 19-01-2008 | 16h32
«Les gens n’aiment pas notre musique», note, d’une voix un peu monocorde, le chanteur et principal compositeur du groupe, Tom Smith, quand il évalue l’impact général du groupe dans une perspective globale. Curieusement, on a l’impression du contraire. Black Room, le premier disque des gars de Birmingham, a été un franc succès avec une flopée d’extraits accrocheurs, plus de 500 000 exemplaires vendus au Royaume-Uni et une nomination pour le prestigieux prix Mercury, remporté finalement par Arctic Monkeys. Également succès critique, Black Room a pavé la voie à An End Has A Start, disque que les boys vont venir défendre au Club Soda demain soir. Est-ce dire que l’ami Smith est dans la vie de tous les jours à l’image des propos des chansons (Bones, Escape the Nest, Weight of the World) du groupe : sombre et quelque peu torturé? «Pas du tout. Je suis présentement dans une auto dans le coin de St. Petersburgh (Floride), il fait plein soleil et la vie est belle, note le jeune homme. Non, il y a bien des gens qui aiment notre musique, mais celle-ci est considérée comme sérieuse, dans la mesure où nous parlons de choses sérieuses et d’états d’âme qui ne sont pas toujours jojos. De plus, une forme de succès en Europe ne se transpose pas obligatoirement en Amérique. Il y a des affinités et des marchés différents, et on a l’impression que chaque nouveau passage de ce côté-ci est un recommencement. » LA COUR DES GRANDS Avant que le petit nouveau voie le jour, Smith avait déclaré publiquement que An End Has A Start allait leur permettre de jouer dans la cour des grands. Les gars ont assurément pris les moyens pour y parvenir, comme en fait foi la spectaculaire Smokers Outside the Hospital Doors qui ouvre l’album. «Il y a un important clivage entre nos propos ombragés et notre musique souvent lumineuse, admet Smith. Pas de problème avec cette contradiction. C’est comme au sein d’un mariage (petit rire). Si on ne pourra nous montrer du doigt comme carriéristes, c’est clair qu’on a voulu se donner plus de moyens et faire quelque chose qui pourrait être durable, comme l’oeuvre des Smiths et de Radiohead», note celui dont les influences perceptibles sont celles de Ian Curtis (pour la voix grave) et Echo and the Bunnymen (pour les arrangements). «On voulait quelque chose qui pouvait être à la fois grandiose et magnifique. Là où ça nous a aidés, c’est qu’on a eu l’occasion de jouer les nouvelles chansons durant la précédente tournée. On a donc pu travailler l’enrobage bien plus facilement en studio, parce qu’on maîtrisait déjà les titres. » On pourra mesurer ça demain.
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