EN STUDIO AVEC KARKWADernières manipulationsPhilippe Renault 19-01-2008 | 04h00
Il est 11 h, le 10 janvier, lorsque le journaliste se pointe au studio d’enregistrement, situé rue Christophe- Colomb. Il s’agit d’un petit studio au sous-sol de la résidence du coréalisateur de l’album, Mathieu Parisien. Ici, on peaufine les chansons préalablement enregistrées par les cinq membres de la jeune formation rock. Ces derniers ont déjà effectué un séjour d’une douzaine de jours, juste avant les fêtes, au réputé studio de Pierre Marchand, connu pour son travail avec des artistes de renom tels Sarah McLachlan, Rufus Wainwright, Ron Sexsmith, Stevie Nicks, Daniel Lanois et Lhasa de Sela. «Nous avons déjà fait un premier enregistrement au studio de Pierre Marchand. Nous avons alors enregistré nos chansons tous les musiciens en même temps. «Maintenant, il nous reste à ajouter des couches, des overdubs, comme on les appelle. Il y a aussi un peu de vocal à faire», explique le chanteur et guitariste, Louis-Jean Cormier. CAFÉ ET MUSIQUE Ce dernier et Martin Lamontagne, le bassiste, sont déjà sur place en compagnie de Mathieu à notre arrivée. Ils seront rejoints plus tard par le claviériste François Lafontaine et le percussionniste Julien Sagot. Mais avant d’empoigner les instruments et d’ouvrir le logiciel d’enregistrement, les gars tiennent à éveiller leurs esprits en sirotant l’incontournable café de Mathieu! Après quelques minutes de détente, place à la musique! En arrivant dans l’espace d’enregistrement, on remarque des feuilles à proximité de l’ordinateur sur lesquelles on peut lire des titres de chansons et plusieurs notes de repères. Dans un coin, il y a les claviers de François, dans l’autre une console. Ce jour-là, c’est Louis-Jean Cormier qui a le plus de pain sur la planche; il doit enregistrer plusieurs pistes de guitare. Écouteurs sur les oreilles, assis sur une chaise en retrait du matériel d’enregistrement laissé aux bons soins de Mathieu Parisien, il s’attaque tout d’abord à un morceau surnommé Gaminet, avant d’avoir droit à un véritable titre. Après avoir écouté l’enregistrement préliminaire afin de semettre dans le bain, il est prêt à ajouter sa nouvelle couche de six cordes, au moment même où Julien arrive. ESPRIT DE GROUPE Quelques instants plus tard, c’est au tour de François Lafontaine de se pointer, alors que ses confrères Julien et Martin doivent partir. Il arrive à temps pour entendre Louis-Jean ajouter avec sa Telecaster une nouvelle couleur à la chanson intitulée Le Temps mort. Frank, comme on le surnomme, s’avère un fin auditeur et n’hésite pas à proposer de nouvelles pistes de solution pour la guitare. Avec Mathieu, il suggère différentes avenues aux arrangements de Louis-Jean et ce dernier, bon joueur, obtempère chaque fois. On sent l’esprit de groupe qui opère! «On travaille beaucoup les trois ensemble. La batterie et la basse nécessitent moins de prises, donc on se retrouve souvent en trio. On s’entend très bien», affirme le leader du groupe. Après quelques prises, ils semblent avoir trouvé le riff idéal. À voir Louis-Jean le sourire aux lèvres en écoutant l’enregistrement, on n’en doute pas un instant! Nous sommes déjà en après-midi et les estomacs commencent à gargouiller, personne n’ayant eu le temps de dîner. C’est donc le moment de monter à la cuisine pour sortir les petits lunchs et prendre une bouchée, avant de redescendre au studio afin de poursuivre le travail. Une séance qui s’est poursuivie jusqu’en début de soirée. Jusqu’à ce que le match du Canadien débute, en fait! Karkwa passera au total plus d’un mois à cet endroit, en plus de retourner durant quelques jours au studio de Pierre Marchand afin d’enregistrer des sections de cordes. Les chansons devraient être finalisées en mars et le disque, lui, pourrait voir le jour à la fin d’avril.
|