THREE DAYS GRACESans cesse sur la routePhilippe Rezzonico 13-01-2008 | 13h09
Des certifications platine et multiplatine de leurs disques aux États-Unis et au Canada et une tournée de trois mois qui s'amorce demain soir à Montréal: le groupe canadien Three Days Grace est, en effet, touché par une forme de grâce. Paru en 2003, l'éponyme Three Days Grace a été écoulé à 1,5 million d'exemplaires aux États-Unis et à plus de 300 000 unités au Canada. One-X, paru en 2006, a fait encore mieux avec 1,6 million aux States et 600 000 exemplaires chez nous. Parmi les groupes canadiens actuels, il n'y a que Nickelback qui peut revendiquer un tel succès. Joint à Toronto, le batteur et compositeur Neil Sanderson cerne quelques raisons qui expliquent le succès du band ontarien en cette ère de piratage. "C'est toujours hasardeux de tenter d'expliquer un succès, surtout quand tu le vis de l'intérieur,mais je vois deux aspects, dit Sanderson: nous sommes sans cesse sur la route, et pas seulement dans les gros marchés. Nous avons été cinq ou six fois dans des petites villes américaines dans lesquelles les grosses tournées ne passent jamais. On s'est vraiment bâti un public de base dans des endroits un peu reculés. "Là, on amorce une tournée nord-américaine de 43 shows où on va faire le Canada dans tous les sens. On croit à ça. On a beau avoir du succès aux États-Unis où l'on passe beaucoup de temps, ça nous fait davantage apprécier d'où l'on vient." L'autre aspect, selon Sanderson, c'est bien évidemment Internet. "Comme bien des groupes, on est en lien direct avec nos fans par l'entremise de notre site Web, de MySpace, avec des forums, des sondages, des liens." Expériences vécues Au plan musical, Three Days Grace sait être diversifié à défaut d'être révolutionnaire. Les chansons du band peuvent être mordantes, lourdes, ou même livrées en mode acoustique. Sans faire dans l'obscurantisme, le groupe a une face sombre assez prononcée. "C'est clair qu'on a été ailleurs au plan sonore avec le plus récent disque, mais je crois qu'il y a une partie des fans qui réalisent qu'on vit les mêmes choses qu'eux." Preuve à l'appui, les anciennes dépendances du chanteur Adam Gontier sont la base de travail de plusieurs chansons. Three Days Grace a d'ailleurs offert une prestation dans une clinique désintoxication en novembre dernier. "On fait la part des choses entre ce qu'on vit et ce qu'on ressent. Les fans le savent. Dans certains cas, ils réalisent qu'on a juste été à la même place qu'eux et qu'on est capables d'articuler un sentiment avec une réelle forme d'authenticité. " Autre avantage, les boys n'ont pas 20 ans. Ils fonctionnaient sous le nom de Grounswell durant les années 1990. "Le fait d'avoir dû travailler pour apprivoiser le succès rend humble, dit Sanderson. Je n'en reviens pas de ces bands qui méprisent les gens une fois le succès atteint. Quand on a fait la première partie des Rolling Stones à Régina, on a eu l'occasion de les rencontrer, et en dépit de leur succès légendaire, ce sont les artistes les plus terre à terre que j'aie jamais croisés." |