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UN CLIP DÉCAPANT TOURNÉ À CUBA

Rudy Caya dénonce la disparition de la liberté

Philippe Meilleur
Le Journal de Montréal
11-01-2008 | 12h08
Pour dénoncer ce qu'il considère comme la «disparition de la liberté» sur la base américaine de Guantanamo Bay, le chanteur Rudy Caya s'est récemment envolé vers Cuba pour y tourner un vidéoclip ravageur et revendicateur.

On ne pourra pas l'accuser d'être incohérent avec les paroles de ses chansons.

Dans sa pièce Guantanamo Bay, tirée du disque solo de Rudy Caya, le leader de Vilain Pingouin décrit le «séjour forcé, toutes dépenses payées» des prisonniers de la base américaine.

«Ils n'ont droit à rien, ni avocats, ni procès, ni accusation, dénonce le chanteur. Personne n'a le droit de faire ça. J'accepte très mal le fait qu'une démocratie comme celle des États-Unis puisse tolérer une telle violation des droits humains.

«Pour le clip de la chanson, je voulais être le plus près possible de l'environnement de cette prison, poursuit-il. Mais on ne pouvait pas s'approcher réellement de la base militaire; même le cinéaste Michael Moore s'en est fait interdire l'accès.»

Prison à grande échelle

Au début du mois de décembre, Rudy et sa petite équipe de tournage se sont donc rendus dans la ville de Cardenas, une bourgade cubaine de taille moyenne.

Ils y ont tourné pendant trois jours une espèce de road movie dont l'action débute avec la «libération» de Caya et du chanteur des Sainte Catherines, Hugo Mudie, au beau milieu de Cardenas. Les deux protagonistes rencontrent des dizaines de Cubains et déambulent dans les rues de la ville en chantant et dansant.

«On se rend alors compte que nous sommes toujours emprisonnés, cette fois au sein même de l'île, décrit Rudy Caya. Ça représente la situation des Cubains: ils sont enfermés sur leur île par les politiques du gouvernement américain, spécialement celles de George W. Bush. Leur pays est un Guantanamo à grande échelle.»

Une scène du tournage a particulièrement marqué, c'est le cas de le dire, Rudy Caya et Hugo Mudie: les deux chanteurs se sont fait tatouer par un Cubain en direct devant la caméra.

«Je ne suis pas un gars à tatous, mais j'ai maintenant les mots La liberté des uns devient la prison des autres sur mon épaule, dit Caya. Ça résume bien l'esprit derrière la chanson et le clip. Je voulais brasser un peu la cage autour de Bush et de Guantanamo et montrer à mon fils à quel point la situation me choque. C'est extrêmement important pour moi.»

  • Le vidéoclip Guantanamo Bay est présenté à MusiquePlus depuis lundi. L'oeuvre est également distribuée sur YouTube.

  • Rudy Caya est présentement en discussion avec Amnistie Internationale pour lui offrir d'utiliser le clip lorsqu'il sera lancé.

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