LED ZEPPELINToujours sous le chocPhilippe Rezzonico Le Journal de Montréal 12-12-2007 | 12h04
Hier matin, encore sous le choc, on doutait... Avait-ce été si bon que ça? Dans le fond, ne voulions-nous pas tous que ça soit bon? Parfois, ça fausse même le jugement des critiques. Quelques clics sur les moteurs Internet et des images piratées nous ont convaincu qu'on n'avait pas rêvé. Oui, il y a eu des retours de son désagréables, quelques notes et des paroles perdues, mais l'énergie, la cohésion, la production scénique, le degré de virtuosité... Aucun doute, c'était bien ça, même si le critique n'a pas encore réalisé qu'il a enfin entendu sur scène Rock and Roll, Black Dog et Whole Lotta Love. Bon. Et maintenant? En raison de la qualité de ce retour, les 18 000 spectateurs présents à l'aréna O2, les milliers de fans de Led Zep et des millions d'internautes demandent la tournée annoncée par les rumeurs. Prévisible. Renversés Dans le Evening Standard, Tony Catania, un copain de 20 ans de Jason Bonham, a révélé que ce dernier ne portait plus à terre après le show et que les quatre musiciens étaient eux-mêmes ébahis de leur performance. Bon signe. Et on ne parle pas des forums de discussions dans le Web. Tous ceux qui avaient des réserves sur ces retrouvailles se font lapider par les fans de Led Zep, qui leur disent: «On vous l'avait bien dit, ça sera géant!» Rien à redire: verdict limpide. Au-delà des retombées financières, une évidence s'impose: une tournée de Led Zeppelin n'en serait pas une de poseurs, mais le groupe devra conserver cette complicité et ce bonheur qui irradiaient. S'ils prennent la route, il ne faudra qu'une poignée de dates, peutêtre moins que les 40 spectacles de Genesis. Lundi, Plant a accepté avec un réel plaisir de chanter Stairway to Heaven, mais il ne va pas interpréter 126 fois ce titre qu'il déteste tant il est devenu un monstre. Et il y a aussi le fait que Plant et Alison Krauss seront en tournée commune en 2008. C'est annoncé dans leur site Web, mais aucune date n'est confirmée. Bref, tout est possible. On vous laisse sur les commentaires de la presse britannique. Visiblement, elle a vu la même chose que nous. Une revue de presse dithyrambiqueDaily Mirror: «La puissance et la majesté de leur musique est demeurée intacte avec la guitare slide de In My Time of Dying, le boogie de Trampled Underfoot, le blues de Since I've Been Loving You et le mysticisme éthéré de No Quarter.» The Daily Telegraph: «Ils ont été fantastiques. Meilleurs qu'on espérait.» Evening Standard: «Durant Kashmir, larguant le riff des riffs de Led Zeppelin, Jimmy Page était excitant au point que s'en était inhumain.» The Guardian: «Plant était fantastique et son magnétisme était intact. Il dansait avec un réel abandon et il a mis de côté son dédain pour la chanson la plus populaire et la plus vénérée du catalogue pour offrir une version poignante de Stairway to Heaven.» The Independent: «Les solos de Page tranchaient comme des rasoirs et l'osmose entre la foule et Plant lors de l'échange des uhhuhh, durant Black Dog, a été l'un des moments les plus rassembleurs qui soient.» NME: «Led Zeppelin a effacé les séquelles des retrouvailles bancales du Live Aid. Bien mieux, les gars ont fait ravaler leurs paroles aux septiques et ils ont démontré qu'ils peuvent jouer à la hauteur de leur légendaire réputation.» The Sun: «Durant Whole Lotta Love et Stairway to Heaven, tout le monde était debout et avait le poing en l'air.» The Times : "Des événements avec des attentes démesurées sont rarement offerts avec une telle assurance. " |