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St-Phonic - Hanté par la musique
© Pierre-Paul Poulin (Le Journal de Montréal)
Pour Vincent Letellier, côtoyer des artistes d’expérience qui travaillent d’arrache-pied constitue une bonne motivation.

ST-PHONIC

Hanté par la musique

Philippe Renault
08-12-2007 | 04h00
Lorsqu’on pénètre à l’intérieur de la Coop Le St-Phonic, on sent immédiatement l’esprit créatif qui règne dans cet immeuble. Michel Rivard, Mes Aïeux, Marc Déry, Daniel Bélanger et plusieurs autres en ont fait leur lieu de travail et y passent presque toutes leurs journées.

Voilà des années que de nombreux artistes ont élu domicile dans cet édifice de la rue Amherst devenu coop il y a un an. La coopérative a même racheté l’immeuble l’année dernière.

Depuis ce temps, le sentiment d’appartenance des résidants est plus fort que jamais.

Le bâtiment respire la musique. En se promenant dans les corridors, on entend à travers les portes des musiciens répéter ici et là. Les distributrices de friandises comportent même une section pour les cordes de guitares!

Lors du passage du représentant du Journal de Montréal à l’immeuble de la rue Amherst, le président de la Coop Le St-Phonic, Michel Rivard, ne s’est pas fait prier pour présenter son lieu de travail dont il est on ne peut plus fier.

«J’ai un local ici depuis au moins six ans. C’est rapidement devenu un endroit où je venais tous les jours. J’aime l’idée de m’éloigner de la maison du matin au soir. Quand j’arrive ici, j’éteins mon cellulaire et je travaille», affirme-t-il, assis sur une chaise devant ses ordinateurs et consoles d’enregistrement, entouré d’une dizaine de guitares.

Ce local est donc rapidement devenu le lieu où tout son art prend forme. «Au départ, c’était une petite place de démos. Finalement, j’aimais tellement ça que j’ai fini par y travailler professionnellement. J’enregistre même mes musiques de film ici», poursuit-il.

Lieu d'échanges
Même son de cloche du côté de Marc Déry, qui fréquente présentement son local afin d’enregistrer son prochain album solo.

L’ancien leader de Zébulon n’a pas hésité à mettre de l’énergie pour réaménager son local de pratique en espace pouvant servir également de studio d’enregistrement.

«J’ai été dans les premiers à m’installer ici il y a une dizaine d’années. J’ai bâti mes murs parce qu’avant, ce n’était qu’un local de pratique. Petit à petit, c’est devenu mon studio et j’ai acheté de l’équipement. J’ai fini par enregistrer mon premier album solo ici», relate-t-il.

Selon lui, l’énergie commune qui se dégage de cet endroit représente le principal avantage d’y élire domicile.

«Je dirais que nous sommes une espèce de famille de musiciens. Tout le monde se connaît. C’est comme une shop, mais pour la création», soutient-il.

«Juste deux portes à côté, il y a un autre artiste. Ça bouillonne! Nous sommes comme dans un autre monde et j’aime l’esprit qu’il y a», ajoute Michel Rivard. Cela peut même mener à des collaborations soudaines.

«Il n’est pas rare qu’on a besoin d’un guitariste pour enregistrer une track, puis on croise quelqu’un dans le corridor et on lui demande de venir jouer.

«Je me souviens avoir entendu un trompettiste dans un autre local. Ça m’a donné l’idée d’ajouter une trompette à mon album. Je suis donc allé cogner à sa porte», raconte Déry.

Un incitatif
Pour les plus jeunes membres de la coop, cet esprit de commune peut même s’avérer une motivation.

Vincent Letellier, alias Freeworm, un membre de la jeune formation The National Parcs, est de cet avis.

«Même si ce sont des gens qu’on fait juste croiser et même si ce n’est pas le même style que nous, on ne se sent pas isolés. Je dirais même que ça nous botte le cul de voir Daniel Bélanger se pointer ici tous les matins pour venir travailler. Il y a un facteur d’entraînement», souligne-t-il.

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