PIERRE LAPOINTEToujours plus loinPhilippe Rezzonico Le Journal de Montréal 01-12-2007 | 05h00
«J’ai 20 chansons qui dorment. Je les ai finies cet été. Comme j’ai toujours fait, ça va commencer par un show, et puis un disque. J’ai mon titre, mon équipe, tout est monté. Il reste juste à faire le show. Ce projet, j’ai commencé à le méditer alors que sortait l’album de La Forêt des mal-aimés, mais je ne veux pas m’étendre sur le reste. Il y a trop de choses à mettre en place. La seule chose que je peux dire, c’est que le disque ne sortira pas en septembre prochain.» «Non. Ça ne se peut pas. Ni pour moi, ni pour ma maison de disque. Si tout le monde se mettait à faire ça, il n’y aurait plus de maisons de disques, mais il n’y aurait plus de projets de qualité non plus. Les phénomènes MySpace qui ont obtenu de vrais gros succès sont rares. Il y bien eu Lilly Allen, mais même là, son disque a été mis en marché après. Moi, je suis pro-disques. J’aime ces objets. «À bien y penser, payer de 15 à 20 $ pour un CD qui t’appartient et que tu peux écouter comme tu veux, je ne trouve pas ça cher. Je peux concevoir que des gens n’aient pas les moyens de se payer ça, mais c’est une participation, comme des gens vont payer pour un spectacle, au restaurant, ou pour un service que l’on offre. «Je soutiens l’initiative de Radiohead. Ils ont lancé un débat à un moment critique où l’industrie de la musique se remet en question, et moi, je suis toujours pro-questionnement. Mais j’ai hâte de voir si d’autres vont le faire. Eux, ils avaient les moyens de le faire, mais leur public est mondial. Ici, 100000 exemplaires, c’est énorme, mais à l’échelle mondiale, c’est rien du tout.» «Les gens de la relève sont devenus les vedettes d’aujourd’hui et, dans quelques années, les gens comme moi ou ceux qui font partie de la relève feront partie des has been. C’est la roue. Tout ce qui est nouveau devient commun et tout ce qui est commun devient out. C’est normal et c’est sain. Notre vision, que l’on trouve ouverte aujourd’hui, va être désuète et fermée dans dix ans.» «À Paris [au Bataclan], Barbara Carlotti est venue me dire qu’elle n’avait jamais vu un tel accueil avec ce public qui hurlait ou qui huait sur demande. Mais quand on fait des villes en région, on en est encore au défrichage. Si tu parles aux musiciens de Bashung, ils connaissent Pierre Lapointe, mais le grand public, ce n’est pas le cas. On a encore quelques dates en mars 2008, entre 10 et 20 je crois, mais c’est tout. On va se concentrer l’été prochain à travailler sur le nouveau disque.» |