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UNIS CONTRE LE SIDA

Des stars brillantes et émouvantes

Philippe Rezzonico
Le Journal de Montréal
29-11-2007 | 06h04
Une bonne cause, de la volonté, du talent et quelques coups de coeur: le concert Unis contre le sida, présenté hier au Centre Bell, aura été très réussi, à défaut d'être totalement événementiel.

Réunir six artistes provenant de différents univers pour offrir un ensemble soudé n'est pas une mince tâche et on ne peut espérer le niveau de cohésion d'une perfor mance individuelle d'un groupe unique.

N'empêche, on avait pris les moyens pour y arriver, faisant parfois s'enchaîner sans temps mort deux prestations avec la scène rotative, en liant des portions chantées à des segments visuels qui transmettaient des messages de vedettes (Evan Mc-Gregor, Roger Moore) et en laissant la place aux artistes. Ben Mulroney, l'animateur, n'a intégré que de courtes portions de présentation de dignitaires. Bien fait.

Sur le plan artistique, certains ont privilégié leur matériel, d'autres ont opté pour des chansons rassembleuses. La jeune Montréalaise Nikki Yanofsky a préféré cette voie en livrant une version pas vilaine pour son âge de With a Little Help From My Friends, tandis que Marie-Mai a opté pour sa langue maternelle, chantant avec fougue et énergie Qui prendra ma place? et Encore une nuit. Corneille, pour sa part, a partagé ses répertoires anglais et français et offert une surprise aux 8000 spectateurs en interprétant une inédite (It All Begins Today) et Parce qu'on vient de loin, reprise en choeur par la foule.

Haut degré

Du lot, c'est Sarah McLachlan, qui en était à un premier show depuis la naissance de son enfant, qui a généré le plus d'émotion.

"Je n'ai pas chanté depuis un an. Si je me trompe, vous m'aidez", a-t-elle dit avant d'offrir une version guitare-voix magique de Building a Mystery. Si elle s'est gourée pour l'intro au piano de Push, elle a fait mouche en invitant Avril Lavigne à partager Aida (belle complicité), John Mayer à jouer avec elle durant World On Fire et - parce qu'elle se sentait «brave» - en offrant Quand les hommes vivront d'amour et Angel en succession. Fa-bu-leux. Après un court doublé de Mayer (Waiting On the World To Change et Gravity), Angélique Kidjo a mis le feu en offrant Gimme Shelter et en faisant monter une trentaine de spectateurs sur scène pour danser au son des percussions. Très fort.

Il ne restait à Avril Lavigne qu'à achever le balayage, ce qu'elle a entrepris toutes guitares hurlantes avec Girlfriend avant de poursuivre avec Complicated - la chanson qui l'a fait connaître - et You're Everything That I've Wanted, l'une de ses bonnes nouvelles chansons d'amour. Pas de remplissage à faire dans un segment de 40 minutes qui conclut un show de deux heures et demie. Tiens, on a déjà hâte à son retour, le 2 avril prochain...

Imposante organisation

De nos jours, les causes humanitaires ne sont plus appuyées par des initiatives spontanées et plus ou moins bien organisées, comme on l'a constaté hier soir.

Mesure

Dès qu'on entrait dans le Centre Bell, on pouvait prendre la mesure de l'organisation imposante de l'UNICEF. On ne pouvait faire dix pas sans tomber sur l'un ou l'autre des nombreux bénévoles de l'organisme identifiés par des chandails aux couleurs vives.

Certaines jeunes filles acceptaient les donations volontaires des spectateurs, leur remettant en échange des tatouages temporaires aux couleurs de l'UNICEF.

Parfois, on croisait d'autres bénévoles qui avaient des classeurs avec eux. Ces derniers n'acceptaient pas les donations en espèces, mais bien celles faites par chèque ou par carte de crédit au profit de l'organisme Parents du monde. Les donateurs pouvaient même s'inscrire pour faire des donations mensuelles.

Souvenirs

Les habituels kiosques de souvenirs de shows rock étaient pour leur part occupés par des souvenirs de l'UNICEF: bracelets (4 $), tuques (15 $), t-shirts bilingues à manches courtes (20 $) et longues (35 $) et polos (60 $). Il y avait moins de bousculade qu'à un show de Bon Jovi, mais ils n'ont pas été ignorés.

Finalement, chaque spectateur recevait un collier métallique - similaire à ceux des soldats de l'armée - reprenant l'un des slogans de la lutte contre le sida (ne rien voir, ne rien dire, ne rien entendre).

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