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AU CENTRE BELL CE SOIR

Corneille au rendez-vous

Marie-Joëlle Parent
Le Journal de Montréal
28-11-2007 | 13h58

«Quand j'étais petit, une de mes tantes est décédée du sida. On me l'a caché et je ne l'ai appris que plusieurs années plus tard. C'est un problème tellement tabou en Afrique.»

Corneille est bien placé pour parler du fléau du sida. Un fléau qui est en train de ravager toute une population, et dont il a été témoin.

«Mon voyage en Afrique m'a ouvert les yeux sur bien des choses», dit-il de son récent séjour au Mali à titre d'ambassadeur de l'UNICEF.

Corneille n'aime pas mélanger les choses. Pas question aujourd'hui de parler de ses plans de carrière, de son contrat de disque avec Motown et de sa future tournée.

«Là, je veux juste parler de l'UNICEF», dit-il au bout du fil.

Il parle bien sûr de ce mégaconcert qu'il donnera aux côtés de John Mayer, Avril Lavigne, Sarah McLachlan, Marie-Mai et Angélique Kidjo au Centre Bell ce soir.

Un concert pour amasser des fonds pour les enfants atteints du sida. «Parce que les enfants de l'Afrique, ce sont aussi nos enfants», dit le Canado-Rwandais de 30 ans.

Mais aussi parce que l'instabilité en Afrique nous affecte de l'autre côté de l'Atlantique. «On n'a qu'une Terre. L'Afrique, ce n'est que le miroir de ce qui se passe en Occident...», reprend le chanteur.

Corneille est conscient qu'un concert ne réglera pas le problème du sida.

«Le rôle des artistes, c'est celui de profiter de la fenêtre médiatique pour sensibiliser les gens. Plus on rapproche le monde du divertissement des choses plus sérieuses et sociales, plus les gens vont en faire un tout», dit-il.

Mais le risque est aussi de saturer les gens avec une surdose de concerts à la Live 8, où au bout du compte ceux qui achètent les billets se sentent bien loin des personnes dans le besoin.

«Le problème dans l'humanitaire, c'est qu'on n'arrive pas à faire le pont entre les deux mondes, on n'arrive pas à ramener ces problèmes-là à un niveau humain», dit-il.

Le problème, selon lui, c'est aussi les médias qui ne relaient que des images négatives de l'Afrique.

«On surdramatise, on sensationnalise, il manque de messages positifs pour que ça progresse. Les enfants que j'ai côtoyés au Mali, ils ont des rêves.»

Des rêves, lui aussi en avait étant petit. Aujourd'hui, la vie lui sourit et c'est à son tour de redonner aux enfants.

"Je pense que de tous les problèmes qui existent sur terre, les victimes les plus démunies ce sont les enfants ", conclut Corneille.

Concert Unis contre le sida ce soir au Centre Bell.

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