YOUSSOU N’DOURUne voix contre le paludisme24-11-2007 | 04h00
Profitant d’une tournée américaine, qui passait lundi par le Kennedy Center, à Washington, le chanteur sénégalais Youssou N’Dour prend aussi le micro pour élever la voix contre le paludisme, qui tue en Afrique près de un million d’enfants chaque année. «Le problème avec le paludisme, c’est que beaucoup d’Africains, même parmi les leaders, ne prenaient pas le problème au sérieux. Nous avons fait un travail de sensibilisation qui commence à porter ses fruits», explique le musicien à l’AFP, à la sortie d’entretiens à la Maison-Blanche. «Il fallait une voix autorisée qui dise moi, je vis en Afrique, je suis impliqué, je participe au débat», ajoute le chantre de la musique du monde que son succès international n’a jamais fait quitter Dakar, sa ville natale. Pour aller plus loin, le chanteur militant veut organiser un «sommet de communicateurs traditionnels» africains contre le paludisme. «Sommet n’est peut-être pas le bon mot, mais je veux mettre en place un briefing impliquant les communicateurs traditionnels des zones où le paludisme fait le plus de ravages», explique le musicien, dont la mère était griotte. Il veut encourager «ces griots, ces marabouts, ces rois locaux qui parfois sont plus écoutés localement que le président d’un pays à s’engager à communiquer auprès des populations» pour les sensibiliser à la prévention.
«Caravane» «Je dis merci au Congrès, merci à la Maison-Blanche, merci à la France, merci au G8, mais ce n’est pas suffisant. Il faut faire plus parce que c’est un million d’enfants qui meurent», conclut le musicien. La production locale et à bas prix de moustiquaires imprégnées de répulsif est une des clés pour protéger notamment les enfants et les femmes enceintes, principales victimes de cette maladie véhiculée par un parasite transmis par la piqûre d’un moustique et qui provoque de très fortes fièvres récurrentes. En Tanzanie s’est créée la première usine de moustiquaires imprégnées, qui en a fabriqué 10 millions en 2007, se félicite le chanteur. Toutefois, pour couvrir 80% des femmes enceintes et des enfants de moins de cinq ans exposés au paludisme en Afrique, il faudrait produire de 130 à 264 millions de moustiquaires. L’artiste africain doit jusqu’au 10 décembre donner une série de concerts en Amérique de Nord qui le mènent notamment à Philadelphie, New York, Montréal, Los Angeles, San Francisco, mais aussi dans le Michigan et le Colorado. Depuis 2004, le chanteur sénégalais, ambassadeur de bonne volonté de l’Unicef, embrasse la cause de la lutte contre le paludisme. Il aide le Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et le paludisme à agir contre ce fléau qui grève 40% des dépenses de santé des pays touchés, surtout l’Afrique, et coûte 12 milliards de dollars par année en perte de productivité aux pays en développement. Le Fonds mondial contre le paludisme est financé par une trentaine de pays, dont les membres du G8, et par la Fondation Gates.
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