SALLE ALBERT ROUSSEAU LE 25 NOVEMBRELang’i, un métissage réussiReine-May Crescence 21-11-2007 | 20h49
À l’avant-plan du groupe, on retrouve Kébèn, un Français d’origine bretonne, et Oupta, une chanteuse congolaise pure souche. Installé au Congo depuis 2001, Kében est tombé amoureux de ce pays de contrastes. Avec deux autres complices, Jess et Murphy, il crée son groupe en 2003 avec une intention précise: jouer ce qu’il appelle le tradimoderne. «C’est une musique moderne qui s’inspire de la tradition congolaise. Il y a toujours une base rythmique très forte dans nos chansons, des influences diverses comme le jazz, le gospel, le funk. C’est une musique fusion», explique Kébèn qui avoue qu’on les considère plutôt comme des revenants au Congo. «En fait, la musique populaire là-bas à l’heure actuelle ne fait pas beaucoup de place à la tradition et aborde des thèmes très futiles. Il y a eu à une époque un type de musique plus recherchée comme la rumba congolaise portée par des artistes talentueux qui ont disparu de la scène. Ce style de musique est en train de revenir tout doucement avec des revendications d’aujourd’hui que sont les valeurs familiales. Dans nos textes, nous parlons d’enfants des rues, par exemple, un problème crucial au Congo. Nous nous adressons aux parents et aux jeunes qui ne croient plus au pays. Nous faisons partie de cette jeunesse contestataire qui veut croire au Congo et en son développement. C’est un pays qui souffre beaucoup», ajoute-t-il. Un premier album Oupta, la chanteuse du groupe, possède une voix grave très particulière qui ne laisse pas indifférent. Elle chante en français et dans plusieurs langues traditionnelles africaines comme le Bémbé, le mbochi ou le makoua. «Il y a aussi cet aspect très humain que nous tenons à préserver sur scène, poursuit Kébèn. Chaque individu est mis en avant et nous avons un grand tam-tam africain autour duquel nous dansons à la fin du concert et généralement, les gens embarquent avec nous. C’est une peu une rencontre en famille!» Les membres de Lang’i (qui veut dire couleur en lingala, une des nombreuses langues parlées à Brazzaville) sont particulièrement fiers de leur premier album de dix titres Nto le ruisseau sorti en juillet 2006. «Il est difficile et surtout très cher de produire un album au Congo dans le contexte actuel. Des gens et des entreprises nous ont donné un beau coup de main pour réunir la somme voulue. Cet album est un gros pari pour nous. Des gens connus nous ont soutenus, comme Gilles Fampic, un ingénieur du son français qui a travaillé avec Isabelle Boulay. Il a eu un vrai coup de cœur pour notre travail», révèle Kébèn. |