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Plume Latraverse - Petits bonheurs et grands souvenirs
© Photo Alfred Lanctôt, Le Journal de Montréal

PLUME LATRAVERSE

Petits bonheurs et grands souvenirs

Philippe Renault
Le Journal de Montréal
17-11-2007 | 05h00
Le moins qu’on puisse dire, c’est que Plume Latraverse a jusqu’à maintenant connu une vie et une carrière bien remplies.

Maintenant âgé dans la soixantaine, il divertit et fait réagir depuis plus de 35 ans. Des années rock’n’roll qui ont forgé un homme posé, calme et qui pèse chacun de ses mots comme s’il tenait à ce que tout ce qui sort de sa bouche ait une saveur poétique digne des grandes répliques auxquelles il nous a habitués dans ses textes de chansons.

En plus de 35 ans d’albums qui font maintenant partie de notre folklore, de tournées et surtout de grandes virées, les souvenirs sont innombrables, tant pour les fans que pour Plume, qui est on ne peut plus fier aujourd’hui de tous ses accomplissements.

«Ce dont je suis le plus fier, c’est d’être capable de faire encore des chansons aujourd’hui», exprime-t-il sans hésitation.

Son ton change cependant lorsqu’on lui demande de quelle chanson il est le plus fier.

«Malheureusement, c’est une chanson qui vieillit très bien. Les Pauvres. Elle est encore très d’actualité», affirme- t-il avec amertume.

JONQUIÈRE

Mais Plume, c’est aussi des performances sur scène complètement éclatées et mémorables.

Toutefois, son meilleur souvenir n’est pas lié à une célèbre débauche scénique comme on pourrait le penser, mais plutôt à une collaboration avec une artiste de renom.

«J’ai vraiment un souvenir précis qui me monte en tête. C’était au Palais Montcalm à Québec, en 1980. J’ai joué avec Big Mama Thornton. C’est elle qui a fait Hound Dog, qu’El- vis a reprise. Je ne me souviens plus c’était dans quelles circonstances, mais c’était mémorable», se remémore- t-il.

Et qu’en est-il de Jonquière, que bien des gens fredonnent encore aujourd’hui dans leurs fêtes d’amis? «Je me souviens que je ne suis pas allé là-bas pour un show. C’était pour la présentation d’un film. J’avais apporté ma guitare et Cassonade était avec moi. C’est venu de façon spontanée, lorsque le monde nous a forcés à boire au bar Le Bock, à Jonquière. Un petit événement anodin qui a donné un petit jam inconséquent, puis une chanson», relate-t-il.

DANS L’OMBRE

Cette chanson tout comme Retour à la terre et surtout Bobépine sont devenues de véritables cartes de visite pour Plume.

Une situation en apparence bénéfique, mais qui comporte ses effets pervers.

«J’ai longtemps dit qu’une chanson comme Bobépine était dans une certaine mesure comme un arbre qui cache une forêt. Par contre, je ne la renie pas. C’était un cri nécessaire dans ces années. Le temps avait besoin de se faire bousculer.

«Et ça me fait dire que quand ces chansons-là sont sorties, nous étions à l’âge d’or des vinyles, au début des radios FM, et on sortait à peine de l’ère des soutanes. Aujourd’hui, les gens sont habitués à ça, mais il fallait que les babyboomers défrichent le terrain avant», considère-t-il.

L’HOMME D’AFFAIRES

Et après avoir été témoin de nombreux changements dans l’industrie de la musique, Michel Latraverse doit maintenant composer directement avec les nouvelles réalités.

C’est qu’en plus d’être artiste, il est un véritable homme d’affaires avec sa compagnie de production, les Disques Dragons.

Mais pour lui, pas question de changer ses habitudes malgré qu’il reconnaît que nous nous trouvons présentement dans une période de chambardements.

«On peut dire que c’est en mutation. C’est parti à l’instant où on a inventé le bobo et le plaster pour mettre dessus. Avec l’arrivée du doubleur à cassettes, on s’en allait vers un no man’s land.

«Mais ça ne m’inquiète pas, parce que dans un sens, tout est appelé changer. De plus en plus, il va falloir voir le CD comme une carte de visite.

«Par bonheur, il y a une chose qui va rester: le bonheur de performer devant le public. Les modes passent, mais les chansons vont toujours rester des chansons», conclut-il avec un brin de philosophie.

SES CHANSONS EN QUELQUES MOTS

Hors-saisons regorge de chansons aux textes liés à l’actualité, mais touche aussi à la réalité de vieillir et à l’amour. Plume Latraverse nous décrit en quelques mots chacune de ses nouvelles compositions.

Lisa Belle: «Une chanson d’amour bête et animale.» Niaiseries (les niaiseuses): «La beauté de la téléréalité.»

À tire-larigot: «Un questionnement soutenu et utile sur les comités de déontologie et autres tribunaux internationaux.»

L’âge où l’on: «Un glissement sur le temps qui passe.»

Le Migratoire: «La fusion des mots migration et purgatoire. C’est une réponse nuancée à l’immigration. Nous sommes tous des migrants sur cette boule.»

Bâton de vieillesse: «Ça se fume!»

Trop: «Overdose commune.» Pas de quartier!: «Une caricature.»

La M’lasse : «Métaphore collante et sucrée.»

Les Bleus d’la plinthe: «Je suis content d’avoir fait un blues. Quand on va la jouer en band, ça va devenir la plinthe électrique!»

La Vie en vers: «Paranoïa ambulante.» Nihilisme paresseux: «C’est dédié Patrick Straram.»

Le Chum d’Annie : «Éloge à l’amour rural.»

Les Patineuses: «C’est une reprise de l’album Chansons nouvelles.

Quand je la faisais en spectacle l’été passé, les gens pensaient qu’elle était nouvelle. J’aimais bien cet album, mais il n’a pas marché.»

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