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SPECTACLE

Les bonheurs de Luce

Philippe Rezzonico
Le Journal de Montréal
08-11-2007 | 12h14
«Ce n'est pas le temps qui passe, c'est la vie.» Cette phrase, tirée de la chanson J'ai regardé la rivière, ne peut mieux décrire le spectacle de Luce Dufault présenté hier soir à l'Espace Dell'Arte.

La vie, on l'a vue et on l'a vécue sous diverses formes avec la chanteuse, qui faisait la rentrée montréalaise de son très joli disque Demi-jour. Son sixième album, peutêtre plus que tous ses précédents,magnifie l'être humain qu'est l'artiste. Humaine, Dufault l'est quand elle parle avec un humour hilare des tournées de rodage en Ontario et d'histoires liées à ses 40 ans.

Après toutes ces années, Dufault a encore un trac fou durant ses premières, mais elle a cette capacité insensée de tout oublier en une fraction de seconde pour nous offrir des portraits du quotidien plus vrais que nature. Bien sûr, on est encore et toujours charmés à l'écoute de Belle Ancolie et on renoue avec un plaisir non dissimulé avec sa Serveuse automate de Starmania, mais ce sont néanmoins les nouvelles chansons écrites par Nelson Minville, Michel Rivard, Richard Séguin et Marc Déry qui séduisent par leur authenticité.

Chanson pour vos yeux

Pour J'aurais aimé t'écrire, Dufault a invité sur scène le groupe originaire du Saguenay Chanson pour vos yeux, qui a interprété le titre avec le langage signé.

De ce bonheur collectif, on passait parfois aux bonheurs individuels du quotidien, comme ceux évoqués dans Petite Reine de banlieue, ou bien on vibrait de passion avec la bouleversante Non, qui démontrait que chaque bonheur du quotidien demeure fragile.

Dufault nous a charmés avec Demi-jour, mais n'a pas fait dans la demi-mesure. Vibrante jusqu'à la fibre.

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