TORI AMOS À LA PDABonne, belle et brûlantePhilippe Rezzonico Le Journal de Montréal 22-10-2007 | 12h08
Ce nouveau disque qui repose sur le concept de ses multiples personnalités, Amos l'a transposé sur la scène de la salle Wilfrid-Pelletier en arrivant avec son alter ego d'Isabel, la blonde historienne qui s'est pointée en tirant de grandes bouffées sur sa cigarette, avant de saluer le commandant George avec Yo George. Ça, c'est le concept. Avant-hier, à Boston, c'est la noire Pip qui s'était pointée sur la scène de l'Orpheum. Ce n'est jamais pareil d'un soir à l'autre, ce qui modifie complètement la première demi-heure de performance, selon l'alter ego retenu. Hier, on a été ravi d'entendre Sweet Dreams et Springtime of His Vodoo, qui a été offerte dans un jeu de lumières qui rappelait une constellation d'étoiles ou les petites lumières du défunt Spectrum, mais on n'a pas eu Little Earthquakes, comme à Boston. Le volume de la batterie de Matt Chamberlain était un peu trop élevé durant ce segment, mais on a l'impression que c'était un parti pris artistique tant la complémentarité piano-batterie pour Almost Rosey (fabuleuse) et la pulsion pour Devils and Gods (solide) étaient mises en évidence. Autre surprise, ce moment où «Isabel» quitte la scène pour laisser la place à son trio de musiciens. Ce qui permet aux techniciens de remplacer les claviers par l'orgue, alors que la voix hors champ de Tori accompagne ses collègues. Pour un peu on se serait cru dans un spectacle de Cher, lors d'un changement de costume. C'était exactement ça, parce que c'est Tori, vêtue d'une robe-pantalon à paillettes, qui s'est pointée, mettant le feu à la place avec un trio de brûlots: la rutilante Big Wheel et les déhanchements lascifs du bassin de Tori n'avaient d'égal que le jeu simultané orgue-piano pour Crucify, tandis que la pulsion de Sugar était irrésistible. Après nous avoir salués en précisant «que je ne parle pas le français, mais que j'adore entendre les gens parler cette langue», Amos a véritablement fait hurler ses fans en livrant Cornflake Girl, moitié debout, moitié arc-boutée sur son clavier. Là, Tori était bonne, belle et totalement brûlante. Nous sommes partis beaucoup trop tôt de ce spectacle qui s'annonçait comme un marathon, mais on se dit qu'on aimerait bien avoir une supplémentaire avec un autre alter ego en vedette. |