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Musique - Le métal au service du Seigneur
© Photo Chantal Poirier, Le Journal de Montréal
«Nous jouons une musique lourde qui ne parle pas de suicide ou de mort», affirme le guitariste de Breaking the Fourth Wall, John Donnely.

MUSIQUE

Le métal au service du Seigneur

Philippe Meilleur
Le Journal de Montréal
06-10-2007 | 05h00
Ils sont tatoués, jouent de la musique métal plus que dynamique, hurlent leurs paroles… mais chantent les louanges du Seigneur. Le métal chrétien fait son apparition à Montréal.

«Nous sommes des chrétiens qui jouent de la musique heavy», lance Kevin Fernandes, bassiste du groupe de métal chrétien Breaking the Fourth Wall (BTFW).

Ce groupe de jeunes Montréalais fait partie d’un mouvement né aux États-Unis au début des années 2000 (voir autre texte) qui est en train de s’implanter dans la métropole.

Le métal chrétien réunit des musiciens amateurs de musique très brutale, mais dont les convictions religieuses sont inébranlables. Les thèmes de leurs textes, généralement hurlés par le chanteur, font subtilement référence à Dieu ou aux enseignements de la chrétienté.

«On veut jouer une musique pesante qui ne parlera pas de suicide ou de mort comme trop de groupes métal le font, explique le guitariste John Donnelly. Nos paroles parlent de paix, pas de violence.

«Mais les thèmes n’abordent pas directement la religion, s’empresse-t-il d’ajouter. Ils sont plus subtils, il faut lire attentivement les paroles pour vraiment en saisir le sens. Nous sommes là pour jouer de la musique avant tout.»

PAS DES PRÊCHEURS

Le groupe montréalais Blind Witness est aussi lié au mouvement métal chrétien même s’il le fait de façon plus subtile.

«Nous avons une prière avant chaque spectacle pour que tout se déroule bien, explique le bassiste Miguel Lepage, mais deux de nos membres ne sont pas des pratiquants réguliers.»

Dans leurs spectacles, autant BTFW que Blind Witness affichent ouvertement leur appartenance à la chrétienté. Sur l’une des cymbales du batteur de BTFW, Francis Reeves, sont inscrits en grosses lettres les mots Jesus Rocks.

Les groupes ne se considèrent pas pour autant comme des missionnaires de leur religion.

«Nous ne sommes pas des prêcheurs! dit Kevin Fernandes. On ne veut pas convertir les gens, mais si quelqu’un vient nous poser des questions après le spectacle, nous allons lui répondre avec plaisir.»

«Certains membres du band portent le message de la religion, mais on ne veut pas changer le monde ou l’attirer en disant qu’on est chrétiens simplement parce que c’est la mode aux États- Unis», affirme Miguel Lepage.

JOUER POUR DIEU

Comment ces jeunes groupes peuvent-ils conjuguer la violence et l’intensité de leur musique avec l’image de paix et de sérénité associée aux croyants?

«Nous passons un message aux jeunes de 14 à 25 ans, et c’est le genre de musique qu’ils écoutent», justifie Miguel Lepage.

«Ce n’est pas difficile de marier le métal et la religion, dit pour sa part le batteur Francis Reeves. Nous aimons cette musique, alors nous en jouons même si elle peut paraître sombre. Les idées des autres ne nous dérangent pas parce que nous jouons pour Dieu.»

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