BRUCE SPRINGSTEENMagic «apparaît» aujourd'hui au CanadaPhilippe Rezzonico Journal de Montréal 02-10-2007 | 05h47
Sur le plan critique, le Boss n'a rien à craindre. Des grands quotidiens américains aux magazines spécialisés, tout en passant par les quotidiens du Québec, Magic a été encensé. Ce retour avec le E Street band cinq ans après The Rising et après deux projets solos (Devils Dust et The Seeger Sessions) fait l'unanimité. Reste à voir si le public sera au rendez-vous, l'industrie du disque piquant grandement du nez depuis 2002. C'est que le Boss, il en vend, des disques. Tous ses albums des années 1970 et 1980 ont franchi la certification platine et multiplatine aux États-Unis, et même au XXIe siècle, à l'ère d'Internet, The Rising a été écoulé à 150 000 exemplaires au Canada (certification platine), à environ deux millions aux États-Unis (double platine) et à près de cinq millions de par le monde. Ce week-end, le New York Times publiait un long entretien avec Springsteen qui expliquait sa démarche artistique pour ce disque festif, plein de grandes mélodies et encore fortement politisé. Univers pop «Je voulais un album qui représenterait un univers pop parfait», a-t-il dit au Times. Et quant aux chansons pop qui ont été parfois mises de côté dans le passé (surtout à la période Darkness...) en raison de lignes directrices ciblées, Springsteen a indiqué au quotidien américain qu'il était plaisant «de pencher vers la pop, sans que les chansons perdent de leur intégrité. J'ai créé beaucoup de hooks et les chansons se sont bâties d'elles-mêmes. Je n'avais pas peur de bâtir sur de la musique pop. Dans le passé, je voulais m'assurer que ma musique était suffisamment rude pour soutenir les histoires que je voulais raconter.» Et quant au fait que le disque paraît à un an des présidentielles américaines (novembre 2008) et que le E Street Band sera en tournée durant la campagne électorale, ce n'est pas un hasard. Springsteen estime que ce disque parle de subversion relativement au fait que son pays a saboté et corrompu ses idéaux et ses traditions. Début de la tournée mondiale ce soir à Hartford. |