FINANCEMENT«L'art au Québec est l'affaire de tous»David Patry Le Journal de Montréal 01-10-2007 | 12h50
«La vraie raison, ce n'est pas pour faire vivre les artistes, se dire que si on ne donne pas d'argent, ils vont crever de faim, pauvres eux autres, a-t-il ironisé. On n'a pas encore réussi, mais on y est presque, c'est de prouver à tout le monde que la culture n'est pas un luxe. C'est quelque chose d'essentiel.» Pas de blâme Le Québec a beau occuper l'avant-dernier rang des provinces pour le financement privé de la culture, on ne peut blâmer la Chambre de commerce de Montréal de ne pas faire d'efforts pour renverser la situation. Vendredi, elle recevait le chef d'orchestre Yannick Nézet-Séguin afin de convaincre les chefs d'entreprises de l'importance de la culture dans le développement de Montréal. Apport considérable «La culture et les artistes ont non seulement beaucoup à nous apporter, notamment sous l'angle de la qualité de vie et de l'attrait de notre métropole, mais ils ont aussi beaucoup à nous apprendre», a indiqué la présidente de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Isabelle Hudon. C'est pourquoi elle avait invité le chef d'orchestre de renommée internationale Yannik Nézet-Séguin à un déjeuner-rencontre à l'hôtel InterContinental de Montréal. Malgré l'heure hâtive, celui-ci a tenu en haleine les quelque 100 représentants de la communauté des affaires et des arts en les amadouant premièrement en racontant son parcours, puis en martelant son message: l'art au Québec est l'affaire de tous. Importance relative Se disant conscient qu'il est essentiel de mettre de l'argent dans le système de santé et dans toutes sortes d'autres causes qui font des entreprises de «bons citoyens corporatifs», Yannick Nézet-Séguin a soutenu que l'importance de la culture est beaucoup trop souvent négligée et bêtement sous-estimée. «La culture, c'est justement ce qui nous empêche d'être malade, de nous retrouver à l'hôpital», indique- t-il en vantant les mérites sur la santé psychologique de l'art dans une société où tout va trop vite. «En mettant de l'argent en culture, on devrait avoir l'impression d'investir à long terme dans la qualité de vie», dit-il. Son message a eu l'air d'être bien reçu par les gens d'affaires présents. Il faut dire que leur seule présence à l'événement témoigne d'un certain intérêt envers la culture en général, ou M. Nézet-Séguin en particulier. Charme «Je vois chez toi deux chapeaux: un chef d'orchestre renommé et un conférencier chevronné», a avoué un homme d'affaires visiblement sous le charme, à la toute fin de l'exposé de l'artiste. Reste à voir si le plaidoyer de Yannik Nézet-Séguin, en plus de séduire les gens d'affaires, se traduira en gestes concrets de leur part. Il s'agit de la première conférence dédiée à la culture organisée par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain cette saison. La prochaine aura lieu pas plus tard que mercredi prochain, alors que la Chambre reçoit le Conseil des arts du Canada. |