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Alain Caron - Totalement jazz!
Alain Caron/© Photo AN/Reine-May Crescence

ALAIN CARON

Totalement jazz!

Reine-May Crescence
Agence Nomade
11-09-2007 | 20h58
À sa grande surprise, Alain Caron a été honoré, fin août, par un doctorat honoris causa lors du 22e Festi Jazz de Rimouski. Il est le premier artiste jazzman à recevoir un tel honneur par l’Université du Québec à Rimouski. Une belle récompense méritée pour un artiste de calibre international, considéré comme un virtuose en basse électrique et un puriste dans son domaine.

Pour en arriver là, Alain Caron a travaillé dur. Il le dit: «devenir un bon musicien demande des efforts et des sacrifices». Comme d’autres avant lui, il a commencé à jouer dans les bars pour quelques dollars. En 1977, il fonde le groupe Uzeb en compagnie du guitariste Michel Cusson et du batteur Paul Brochu.

Artiste engagé

Une formation qui connaîtra un énorme succès pendant plus de 15 ans avant de se séparer en 1992, Alain Caron ayant décidé de monter son propre ensemble, le Band. Depuis cette date, il poursuit des tournées à travers le monde avec des grands comme Gino Vanelli, Michel Donato, Oliver Jones et bien d’autres, enseigne à la relève et devient de plus en plus un artiste engagé.

Dans tous les programmes de subventions qui existent, il estime que le jazz reste le parent pauvre. «Il n’y a pas assez de lieux de diffusion, c’est évident», reconnaît-il.

«Le public existe mais nous avons des problèmes pour le rejoindre. Les gens ne veulent plus payer pour venir aux concerts et d’un autre côté, certains styles de musiques reçoivent beaucoup de subventions, d’autres pas. Le jazz est un peu le voyou des arts. Maintenant, est-ce que tous les arts doivent être subventionnés? C’est la question que je me pose. Nous avons là un choix de société à faire».

Alain Caron déplore aussi qu’on coupe actuellement les programmes de subvention aux artistes comme lui qui ont décidé de s’auto-produire. «C’est vraiment incroyable. L’industrie a les dents longues et ceux qui gèrent le portefeuille des subventions appartiennent à un cercle de VIP.

Par exemple, mes disques ne peuvent plus être en nomination à l’ADISQ parce que je ne suis plus membre. Le prix est exorbitant pour devenir membre» dénonce l’artiste qui avoue se battre depuis longtemps pour que le tarif admissible soit plus équilibré pour les artistes indépendants.

Conversations intimes

À part les festivals de jazz qui sont souvent l’affaire de quelques passionnés et entêtés (fort heureusement!), il pense qu’il serait temps d’avoir des lieux de diffusions subventionnés. «Il faudrait au moins un endroit par ville qui offre une programmation de jazz à l’année et aux artistes un cachet décent», déclare t-il.

Alain Caron se produira en duo avec le pianiste François Bourassa le 7 décembre à l’Anglicane de Lévis. Ce sera la première tournée d’une série de rencontres intimistes avec des musiciens qu’il apprécie. Son nouvel album, «Conversations», est une collection de duos intimes avec Oliver Jones, François Bourassa, Lorraine Desmarais, Otmaro Ruiz et Jean St-Jacques qui donne une bonne idée de la teneur de ses spectacles. Il prépare aussi un DVD en studio, un livre et se rendra en Europe en novembre.

Toutes les dates au www.alaincaron.com.

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