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D’une évidence crasse? - Les stars du rock vivent moins longtemps
©Archives AP
Jimi Hendrix

D’UNE ÉVIDENCE CRASSE?

Les stars du rock vivent moins longtemps

07-09-2007 | 05h00
Les rockeurs – renommés pour leur style de vie destructif – sont réellement plus enclins à flancher avant d’avoir atteint l’âge de la sagesse que les gens ordinaires.

Une étude de plus de 1000 artistes anglais et nord-américains de l’ère d’Elvis à celle d’Eminem, a permis de découvrir qu’ils sont de deux à trois fois plus disposés à mourir prématurément que le reste de la population.

De 1956 à 2005, parmi les 1064 artistes qui ont fait l’objet de l’étude, 100 d’entre eux sont morts. L’étude a été menée par des chercheurs du centre de santé public de l’université John Moores à Liverpool.

Outre la mort de Presley, l’exercice a tenu compte de celle de Jim Morrison, chanteur des Doors, du légendaire guitariste Jimi Hendrix, Marc Bolan, vedette de T. Rex et de Kurt Cobain, chanteur de Nirvana.

Plus d’un quart des décès étaient reliés à la consommation abusive de drogues et d’alcool, peut-on lire dans un rapport de l’étude publié dans le Journal of Epidemial Community Health.

«L’analyse rend clairement compte d’une population de vedettes rock et pop excessivement sujette à une mort reliée à l’alcool ou à la drogue», explique Mark Bellis, auteur principal de l’étude.

Il a ajouté que la question de la pertinence d’utiliser des icônes du rock pour diffuser des messages sur la santé, par exemple dans le cadre de campagnes antidrogue s’est posée puisque leur propre mode de vie est dangereux.

«Dans l’industrie de la musique, des facteurs comme le stress, l’adaptation à la célébrité et le fait d’être en contact avec les drogues et l’alcool peuvent tous entraîner l’utilisation de substances illicites et favoriser des comportements autodestructeurs», est-il indiqué dans le rapport.

PLUS DE RISQUES PENDANT LES CINQ PREMIÈRES ANNÉES

L’étude a démontré que les risques étaient plus élevés au cours des cinq premières années de célébrité. Le taux de mortalité est trois fois plus élevé que la normale.

Hendrix, Bon Scott de AC/DC et le rockeur punk Sid Vicious sont tous morts pendant les cinq premières années de réussite, affirme Bellis.

Chez les artistes anglais, les risques de fatalité sont élevés jusqu’à la 25e année, ou presque, de leurs débuts. Leur espérance de vie redevient normale à partir de ce moment-là.

L’espérance de vie des survivants tels Roger Daltrey (63 ans) de The Who, est donc de bon augure. L’artiste avait d’ailleurs chanté en 1965, dans la chanson My Generation, «I hope I die before I get old» (J’espère mourir avant de vieillir).

Mais cette tendance n’est pas la même en Amérique du Nord où les rockeurs vieillissant demeurent deux fois plus à risque de mourir prématurément, notamment d’une crise du cœur.

Les stars américaines Jerry Garcia de Grateful Dead, Carl Wilson des Beach Boys et Johnny Ramone des Ramones sont tous morts dans la cinquantaine.

Bellis a émis l’hypothèse que le taux de mortalité élevé des musiciens américains pouvait être relié aux tournées de retrouvailles populaires aux États-Unis et pendant lesquelles les artistes sont encore une fois confrontés au mode de vie rock and roll destructeur.

Il se pourrait également que la cause soit le manque de soins dû à l’absence d’assurance médicale des ex-stars américaines appauvries, a-t-il déclaré.

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