TURN IT ON AGAINTrès en formePhilippe Rezzonico Le Journal de Montréal 06-09-2007 | 11h21
Rencontré au Air Canada Center avec ses collègues, Collins ne s'est pas démonté quand un journaliste a noté que certains désignent les tournées de retrouvailles de Genesis, The Police et de Van Halen comme celles des «rockers ridés». Rides «On dit que je suis un rocker ridé depuis des années, a ironisé Collins. On n'est pas du genre à mettre notre binette sur nos disques... Enfin (rires)! je le fais pour les miens, mais on fait ce qu'on a à faire. Je suis ridé, mais je me sens remarquablement net. On n'a aucune autre raison de faire ce qu'on fait sinon parce qu'on veut jouer ensemble. «On a joué 25 fois en Europe, mais on aurait pu faire 60 spectacles. On a joué devant 500 000 personnes à Rome - c'était gratuit -, mais également devant des foules de 40, 50 et 60 000 personnes. On pourrait faire bien plus d'argent que ça, mais on n'a pas de disque à défendre et pas de commanditaires. Rocker ridé? On m'a dit des choses plus méchantes que ça.» Le spectacle présenté au stade extérieur BMO Field - à la place de l'ancien stade de l'exposition, qui a été rasé - sera le premier offert par un band à cet endroit. Un livre de Genesis sortira bientôt, alors qu'il y aura un compact audio des meilleures prises des chansons de la tournée européenne et un DVD du spectacle de Rome. Pas mal de trucs, en fait, mais pas de nouveau matériel ni de retrouvailles avec Peter Gabriel pour The Lamb Lies Down on Broadway. «Oui, j'ai vu The Musical Box faire le spectacle The Lamb Lies Down on Broadway, a admis Collins en parlant du groupe-hommage montréalais, mais on avait déjà discuté de la possibilité de la reprise de cette tournée avec Peter (Gabriel) et Steve (Hackett). Cette idée, elle a germé la première fois en 1997, à la parution d'un coffret de Genesis. On voulait faire quelque chose pour les 30 ans de The Lamb... et on en a reparlé à Glasgow en 2004.» Agenda La suite est connue. Gabriel ayant prétexté l'agenda d'un disque solo, Collins, Banks et Rutherford ont mis «cinq minutes pour décider à reprendre du service». «Peut-être que quelques spectacles s'ajouteront, note Tony Banks, mais on ne s'est pas remis à l'écriture, et quant à une reprise de The Lamb..., il y a la nature indécise de Peter, mais il a toujours été comme ça.» Pour sa part, Rutherford estime que la plus grande difficulté fut de «jouer les bonnes notes», mais il ne sait trop si la musique de Genesis «est encore pertinente». Une répétition pour 300 fans plutôt chanceuxQuitte à faire une répétition, Genesis a fait des heureux en offrant un spectacle à quelque 300 fans au Air Canada Center, hier après-midi. Le groupe s'est produit sur une scène similaire à celle que Le Journal de Montréal a vue en Europe, quoique beaucoup plus petite. Les effets scéniques pour Duke's End, Turn It on Again, Land of Confusion et No Son of Mine (les télévisions, l'horloge) étaient toutefois les mêmes. Le trio adapte son spectacle pour stades aux arénas sans proposer de véritables bouleversements. N'empêche, l'impact visuel semblait aussi bon et le son était impeccable, du moins pour les quatre chansons que les journalistes ont été invités à voir avant de se faire montrer la sortie. Accueil Cela dit, si les fans ont chaleureusement applaudi leurs favoris, ça n'avait rien à voir avec l'accueil délirant que l'on a observé à Vancouver il y a quelques mois, quand The Police s'est livré au même exercice au GM Place. Vingt-quatre années d'absence, c'est une éclipse plus longue que celle des 15 de Genesis. |