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PRINCE

Concept formidable

Philippe Rezzonico
Le Journal de Montréal
03-09-2007 | 11h51

Sous le radar depuis une bonne décennie, Prince fait un malheur ces jours-ci en Angleterre avec une incroyable résidence de 21 spectacles en deux mois au O2 Arena, dans un concept pas loin d'être révolutionnaire qui pourrait redéfinir les paramètres de l'industrie du spectacle dans les années à venir.

En notre époque où les artistes rivalisent d'ingéniosité pour en livrer plus en dollar-spectacle au public, Prince a mis sur pied un concept qui pourrait faire des petits. Installé depuis le 1er août au O2 Arena, un vaste amphithéâtre de la dimension du Centre Bell érigé sous le Dôme du Millénaire, en banlieue de Londres, Prince va se produire devant plus de 420 000 spectateurs d'ici au 21 septembre : 21 salles combles qui le verront offrir ses succès sur sa scène centrale, qui fusionne les formes de son logo et de sa guitare.

Le principe de résidence n'est pas nouveau, remontant à l'aprèsguerre. Frank Sinatra et son Rat Pack s'installaient des semaines dans les hôtels de Las Vegas durant les années 1960, Elvis a fait de même durant sept ans dans les années 1970 et Céline Dion terminera en décembre une résidence de quatre années dans cette même ville.

Mais si nous parlons là de séjours à très long terme, on parle également de salles de spectacle pouvant accueillir jusqu'à 5000 spectateurs. À titre d'exemple, Céline Dion doit offrir 100 spectacles dans son amphithéâtre privé (4000 sièges) pour attirer 400 000 personnes. Prince en a attiré autant en dix soirs. Seul Bruce Springsteen a fait mieux que Prince pour une période de deux mois, avec 550 000 spectateurs en dix soirs au Giants Stadium à l'été 2003.

Deux fois

Étant à Londres pour assister au dernier spectacle de la tournée A Bigger Bang, des Rolling Stones, on a fait coup double le 28 août en allant voir les deux performances de Prince proposées le même soir. Deux? En effet. Ça, c'est la portion du concept qui fait office de petite révolution.

Au terme de chaque spectacle au O2 Arena, les musiciens de Prince s'installent vers une heure du matin au Indigo2, une salle pouvant accueillir 2 300 personnes qui ressemble à un croisement entre le Métropolis rayon capacité, le défunt Spectrum avec ses rampes latérales qui mènent au parterre et le Cabaret Juste pour rire en raison de son balcon rapproché de la scène.

Le Indigo2 est le site du aftershow de la bande de Prince, auquel il se joint presque à tous les spectacles, jouant tantôt une poignée de chansons, performant parfois durant plus d'une demi-heure ou se présentant lors du set entier.

L'autre petite révolution, c'est le coût du droit d'entrée et le disque gratuit. Tous les spectateurs qui franchissent l'entrée du O2 Arena se voient remettre gratuitement le nouveau disque de Prince, Earth, au grand dam de Sony BMG, qui perd des tonnes de fric dans cette affaire.

Et il y a le «modeste» coût d'entrée. Modeste selon les standards de Londres s'entend, ville occidentale la plus chère du monde. Un passage simple de métro y coûte 9 $ canadiens. En vendant ses billets 31,21 livres (le titre d'une de ses chansons, ce qui représente 70 dollars canadiens au taux de change actuel), Prince s'assure des salles combles à profusion.

En comparaison, les meilleurs billets des Stones étaient de l'ordre de 150 livres (330 $) dimanche dernier. Des billets pour les Beastie Boys à Brixton Academy et Interpol à l'Alexandra Palace (des clubs bien plus petits que le O2 Arena) se vendent de 20 à 28 livres ces jours-ci. À 31,21 livres, Prince est l'aubaine de l'année, tous continents confondus.

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