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Il y avait un jardin - Le long cheminement de Nathalie
© Photo Olivier Jean, Le Journal de Montréal

IL Y AVAIT UN JARDIN

Le long cheminement de Nathalie

Agnès Gaudet
Le Journal de Montréal
01-09-2007 | 05h00
Sur son nouvel album, pas question de reprendre la chanson-thème du documentaire de Paul Arcand sur les abus sexuels, La vie me tue. Nathalie Simard est définitivement passée à une autre étape de sa vie.

À voir son sourire en entrevue, c’est clair , Nathalie est heureuse et fière de son coup. Cet album de reprises, Il y avait un jardin, qu’elle offre au public après plus de dix ans d’absence sur disque, c’est l’aboutissement d’un long cheminement qui a permis à la fleur de s’épanouir. Parmi ses chansons, quelques-unes sont d’une infinie tristesse et soulignent les passages difficiles de Nathalie, quand, de retour à la maison après des journées de combat, elle se retrouvait «seule en maudit» à la maison et qu’elle avait mal. Mais sur cet album, on retrouve aussi plein de messages d’amour et d’espoir.

LA MUSIQUE QUI FAIT DU BIEN

Un jour, il y a deux ans, lors d’une conférence dans une école de Québec, un jeune homme a levé la main: «Madame, voulez-vous nous chanter une chanson?» s’est-il hasardé, saisissant Nathalie sans le savoir. La chanteuse s’est exécutée. Elle a interprété une pièce d’Harmonium, Un musicien parmi tant d’autres. «Je ne pouvais pas leur dire non», dit-elle. Alors elle s’est rendu compte que chanter fait du bien. Pour la première fois de sa vie, elle constatait vraiment les effets thérapeutiques de la musique. Elle remercie d’ailleurs tous les auteurs-compositeurs et interprètes qui au cours de sa vie l’ont accompagnée en chansons et l’ont aidée à cheminer.

Quand enfin Nathalie a pris la décision de revenir à la chanson, elle a voulu le faire dans le plaisir. Elle s’est alors tout naturellement tournée vers les chansons qui lui ont toujours «parlé». Interpréter ces succès était de circonstance. Elle reprendrait ses coups de cœur pour faire sourire les gens, pour cesser de les faire pleurer et les accompagner «d’une autre façon», dit-elle.

UNE PROMESSE

Il y avait un jardin, ce sont donc ces chansons que Nathalie veut partager avec les gens. Le public qui l’a encouragée à reprendre la chanson, qui a insisté, partout auprès d’elle dans les endroits publics. «Je veux que les gens voient qu’on peut s’en sortir et qu’on peut avoir une vie... après. Qu’on peut passer à autre chose. Ce n’est pas facile, c’est même dur tous les jours, mais c’est possible.»

Un soir, il y a près de dix ans, une idée a effleuré l’esprit de Nathalie, alors âgée de 30 ans (elle en a 38 aujourd’hui). Un p’tit 30 secondes de réflexion qui devait orienter son existence. Ce soir-là, elle s’est fait une promesse.

«Je me suis donné dix ans pour régler ma vie, confie-t-elle. Je me suis préparé un premier souper seule avec moi-même; une fondue avec une bouteille de vin. J’ai écrit tout ce qui me passait par la tête et j’ai écouté ces chansons-là que je chante aujourd’hui sur mon album.»

AMOUREUSE

Nathalie est fière de son nouvel album, son «deuxième bébé», mais elle est stressée. Comme tout artiste qui se respecte, elle craint la critique et les jugements. Tout ce qu’elle espère pourtant, c’est de décrocher et d’avoir du fun.

Épuisée l’an dernier, elle est cette année très en forme. Obsédée par son poids, elle s’entraîne au gym 4 ou 5 fois par semaine. Elle fait aussi du tapis roulant chez elle, quand, pour équilibrer les choses, elle s’est permis un morceau de gâteau ou une crème glacée.

Et puis, elle qui interprète un grand cri d’amour avec I Want to Know What Love Is (je veux savoir ce qu’est l’amour), elle a trouvé l’amour il y a un an auprès d’un «gars joyeux, sain, bien dans sa peau et qui apporte du soleil dans ma vie»,dit-elle. Un homme dont elle garde secrète l’identité pour protéger sa vie privée, un homme avec qui elle construit quelque chose au quotidien, «pas juste de la passion, dit-elle, la passionne dure tellement pas longtemps.»

Le disque de Nathalie Il y avait un jardin (Georges Moustaki), sous étiquette Les Disques Musicor, sera lancé le 25 septembre. On y retrouve douze succès repris par la chanteuse: Vivre en amour (Luc Cousineau), Pendant que les bateaux (Gilles Vigneault), Je t’aime à la folie (Serge Lama), Amène-toi chez nous (Jacques Michel), Aimer d’amour (Georges Thurston), Je n’aurai pas le temps (MichelFugain), Y a les mots (Francine Raymond), Babe (Dennis De Young), I Want to Know What Love Is (Michael Leslie Jones), You’ve Got a Friend (Carole King) et On s’est presque touchés (Jim Corcoran). Chacune des chansons est accompagnée d’une petite histoire explicative dans le feuillet de la pochette.

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