ARIANE MOFFATTComme du bon vinCharles Bolduc | Canoë 13-08-2007 | 20h28
Ses activités estivales officielles s’achèveront samedi le 18 août prochain, quelques heures après 20h30, alors qu’elle foulera la scène Belle Gueule à Expo Québec. «C’est le dernier show de la tournée du Cœur dans la tête, avec la formation de cinq musiciens. C’est le show des festivals qu’on a présenté cet été, ça clôture toute la tournée. Après, j’accroche ma guitare.» Elle la décrochera cependant bien vite pour entrer en studio dès cet automne et nous offrir un troisième disque qui devrait voir le jour simultanément au Québec et en France. Le printemps prochain, si tout va bien. «Je trouve ça le fun de synchroniser les deux sorties. Quand Aquanaute est paru en France, trois ans après son lancement québécois, c’était vraiment décalé par rapport à où j’en étais dans ma vie. […] Ça ne prend pas de temps, moi, pour que je me sente tannée de faire les mêmes choses en spectacle, j’ai besoin d’être à l’heure juste de ce que je fais, je me sens plus motivée dans ce temps-là, pour la promo et tout. Sinon, ça me donne l’impression de vendre une vieille balayeuse d’il y a deux ans (rires).» On peut d’ailleurs entendre un morceau inédit, «Petit animal», sur son site web. «Un cadeau d’été» qui ne figurera probablement pas sur son nouvel album mais qui, entretemps, ravira les fans de la jeune artiste. Alors à quoi peut-on s’attendre, pour cette nouvelle galette, qui fera suite à Aquanaute (2002) et Le cœur dans la tête (2005)? «J’ai pas mal de chansons, j’ai fait beaucoup de maquettes. En studio, je vais travailler avec Jean-Phi Goncalves, de Plaster, Alex McMahon et Joseph Marchand, qui est mon guitariste depuis toujours. Les deux premiers albums sont déjà très différents l’un de l’autre. Je pense que l’exploration du mélange d’électronique et de musique acoustique va rester, je vais continuer là-dedans. Mais c’est clair que cet album-là va être plus light, plus léger, plus relax dans l’aspect émotionnel. Par contre, il est encore un peu tôt pour décrire musicalement où ça va s’en aller.» Très personnel et intimiste, assez sombre, introspectif, le dernier opus d’Ariane Moffatt est passé sur les planches d’une façon dont la chanteuse est la première surprise: «Ça s’est vraiment bien transmis. Le show était très groovy, et l’aspect plus lumineux est ressorti sur scène.» Ce qui lui fait tirer certaines leçons sur la manière d’aborder la création, sur cette mise à nu, cette authenticité dans l’écriture qui exige un réel abandon. «Parfois, il faut faire ce qu’on a envie sans trop se poser de questions; et plus ça va, moins je m’en pose. Ça permet de moins se censurer, de se laisser la chance d’aller plus creux et de ne pas juger ce qu’on fait au fur et à mesure qu’on le fait. Ça donne des résultats qui sont plus vrais.» Si, comme elle l’admet candidement, «chaque compliment fait plaisir», ceux que préfère la musicienne de 28 ans viennent «des gens que moi-même j’estime beaucoup, qui sont eux-mêmes des artistes, des créateurs. C’est le fun de sentir que quelqu’un qui fait un peu ce que tu fais comprends ce que tu fais, même s’il n’est pas du milieu de la musique, ça donne l’impression d’être à la bonne place…» Au risque de paraître obséquieux, je mettrai volontiers à ce moment-ci mon chapeau de jeunauteur pour déclarer à Ariane, d’artiste à artiste et en toute impudeur, qu’elle n’a pas son égal pour jouer avec les contrastes, avec l’ombre et la lumière, et s’amuser avec les mots pour en tirer des textures qui se savourent longuement encore après absorption, comme un bon vin. Samedi le 18 août à 20h30, sur la scène Belle Gueule à Expo Québec Site Internet: http://www.arianemoffatt.com |