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Une «jam session» surprise réussie - Martin Fontaine et «Joël and The Outsiders»
© Photo Canoë/Reine-May Crescence
Martin Fontaine et «Joël and the Outsiders» dans un amalgame réussi de rythm’n’blues et de saoul.

UNE «JAM SESSION» SURPRISE RÉUSSIE

Martin Fontaine et «Joël and The Outsiders»

Reine-May Crescence
12-08-2007 | 10h42
Pari réussi pour Martin Fontaine et les «jazzmen» de la formation «Joël and the Outsiders», qui ont offert samedi soir, sur la grande scène du festival de Jazz Etcetera de Lévis, un concert mémorable, à la fois improvisée et efficacement bien rôdé. Mais qu’on se le dise, la brillante prestation du charismatique Martin Fontaine, qui n’était qu’un invité surprise parmi tant d’autres, n’éclipse celle tout aussi remarquable du groupe «Joël and the Outsiders».

Un petit air de la Nouvelle-Orléans

Dès le début du spectacle, les cinq musiciens ont mis le public dans l’ambiance jazz avec «Proximity», titre extrait du nouvel album du même nom. Il y a eu aussi d’excellents classiques revisités comme la chanson de Police «Roxane», en version instrumentale, qui a permis au saxophoniste Joël Thibault de se lâcher dans un solo convaincant. D’ailleurs en passant, avec les tables installées en plein milieu de la rue sous la voûte étoilée, ce va-et-vient incessant des gens d’une terrasse à l’autre, cette ambiance de fête, le Vieux-Lévis avait un petit air de Nouvelle-Orléans très apprécié des visiteurs.

Très classe comme à son habitude, dans un complet blanc, Martin Fontaine a déboulé sur scène environ trente minutes plus tard ovationné par la foule. Connaissant sa réputation d’animateur hors-pair, on s’attendait à un spectacle enlevant et énergique. Ce fut une «jam session» plus que réussie avec un Martin Fontaine vraiment surprenant qui a offert sa version très personnelle de quelques chansons des Beatles et de Ray Charles entre autres. Visiblement, il endosse facilement le costume du «bluesman» comme celui du «showman».

Les projets de Martin Fontaine

Juste avant le concert, l’artiste nous confiait sa passion pour la musique noire. «Ces artistes-là avaient quelque chose d’exceptionnel. Une sorte de groove innée. Ils ont été un pont entre la musique jazz pure et la pop, ce qui nous permet aujourd’hui d’y avoir accès». Fini l’aventure d’Elvis! Du moins pour un bon moment. Même s’il avoue avoir vécu une expérience formidable et enivrante avec cette production, au point de se sentir parfois possédé par le personnage, l’artiste a envie de passer à autre chose. «Je ne dis pas que j’arrête totalement Elvis, mais si je le reprends, ce sera sans doute différent. Pour l’instant, je le laisse reposer un peu. Le moment est venu pour moi d’explorer de nouveaux territoires. Je veux me développer au niveau de la création. J’ai plein d’idées comme retourner à l’écriture de chansons, réaliser des scénarios. Je suis en train de mettre sur pied ma propre maison de production pour être le plus autonome possible. Je continuerais sans doute dans la veine de la revue musicale «Showman» qui relate les dernières années de la musique noire américaine. J’aimerais pouvoir exporter ce produit vers les Etats-Unis et l’Europe où il y a une demande. Peut-être que je me retirerais pour positionner d’autres personnes». Martin Fontaine travaille aussi à l’écriture d’un album inspiré de la soul, du funk, des rappeurs français et québécois, qu’il voudrait concrétiser l’année prochaine.

En attendant, il se produira en plein air le 19 août au kiosque Edwin-Bélanger. Quant à Joël et ses musiciens, ils seront les et 25 et 26 août au Sax-O-Matic, Festival de Blues de Donnacona.

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