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Kent Nagano et l’OSM au Domaine Forget - Un pur délice!
© Photo Canoë/Marc-André Boivin
Kent Nagano, l’OSM et Renaud Capuçon, un match parfait.

KENT NAGANO ET L’OSM AU DOMAINE FORGET

Un pur délice!

Marc-André Boivin
11-08-2007 | 14h53
«Un pur délice!» Voilà un des nombreux commentaires élogieux entendus à la sortie de la salle Françoys-Bernier du Domaine Forget vendredi soir dernier. Les 630 spectateurs ont eu droit à un Kent Nagano en pleine forme, qui s’est présenté en compagnie de l’Orchestre symphonique de Montréal et du violoniste Renaud Capuçon, lui aussi en pleine possession de ses moyens.

Le gratin s’était d’ailleurs donné rendez-vous à St-Irénée pour assister à cette prestation mémorable. La nouvelle chef péquiste, Pauline Marois et l’ancien premier ministre du Québec et président du CA de l’OSM, Lucien Bouchard, pour ne nommer que ceux-là, étaient de la fête. Les places VIP se payaient pas moins de 250 $ du billet alors que les plus chanceux, qui avaient réussi à se dégoter un siège, devaient débourser une centaine de dollars pour assister au concert. Les billets pour cet événement se sont envolés en deux jours seulement. Au menu, Stravinski, Mendelssohn et Brahms.

N’ayez crainte, le maestro n’est pas parti avec la petite caisse; il faisait plutôt ça pour la bonne cause, alors que les recettes amassées au cours de la soirée, soit 80 000 $, ont été entièrement versées au Fonds de bourse Jacqueline et Paul Desmarais. Ce fonds a permis, depuis 1998, de remettre des bourses de 240 000 $ aux étudiants de l’Académie du Domaine Forget. «À partir de l’an prochain, nous serons en mesure de donner 100 000 $ par année en bourse. Celles-ci seront distribuées au mérite, mais aussi selon l’aspect financier des étudiants, dont les moyens sont souvent limités», affirme fièrement Claire Nadeau, présidente du comité pour le fonds.

Mme Nadeau était, comme tous les spectateurs, emballée par la performance offerte par les musiciens et leur chef. «C’est magique!, lance-t-elle. Nous sommes à St-Irénée et on assiste à des spectacles dignes de Carnegie Hall et des plus grandes salles d’Europe.»

Il faut dire que Kent Nagano ne laisse pas indifférent. Le chef d’orchestre respire et vit sa musique. «C’était formidable, j’étais à l’arrière de la scène et je pouvais voir le visage de Kent Nagano, raconte Pauline Marois, rencontrée par Canoë après le concert. Ce qui me fascine, c’est la force et la douceur qui se côtoient. Il y a une telle force dans le jeu et il nous fait vivre toutes les émotions», ajoute la politicienne.

Même son de cloche de la part de Lucien Bouchard, qui admet que tous les concerts de Kent Nagano auxquels il a assisté sont uniques. «On ne s’habitue pas, affirme-t-il. Le concert de ce soir m’a particulièrement touché. On pouvait voir que les musiciens étaient fiers d’être ici et qu’ils sont solidaires vis-à-vis la musique. Et le soliste était lui aussi tout à fait extraordinaire.»

Renaud Capuçon

Ce soliste, c’est le violoniste Renaud Capuçon qui, malgré son jeune âge, 31 ans, a déjà une feuille de route des plus impressionnantes. Pas étonnant qu’on le qualifie d’un des meilleurs de sa génération. Celui qui accumule les distinctions depuis ses débuts constitue un match parfait pour Maître Nagano. Lui aussi s’imprègne de cette musique et jamais il ne décroche, permettant ainsi aux spectateurs d’apprécier la justesse de chaque note et l’émotion des morceaux interprétés sur son Guanrneri del Gesù, instrument fabriqué en 1737 et qui lui a été offert par la Banque suisse italienne. Fallait le voir pour le croire.

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