SPECTRUMLa mythique salle n'est plusPhilippe Meilleur Le Journal de Montréal 07-08-2007 | 12h26
C'est avec un bocal de verre que Michel Rivard a capturé l'âme de cette salle où il a joué à plus de 100 occasions au cours de sa carrière. «J'ai commencé par prendre le murmure du bar, puis la lueur des petites lumières blanches, pour finir avec le sourire des employés», a expliqué le chanteur devant les centaines d'amateurs réunis dans la salle mythique dimanche soir. Après avoir demandé à la foule de crier pour la dernière fois pour le Spectrum, Michel Rivard a refermé le couvercle de sa bouteille. «Je vous jure que je me ferai le gardien de l'âme du Spectrum et que je n'ouvrirai pas cette bouteille avant qu'il y ait un autre endroit aussi magique à Montréal», a-t-il lancé sous des applaudissements nourris. Quelques instants plus tard, il y interprétait une ultime chanson, Schefferville, le dernier train, dont les dernières paroles sont «c'est moi qui veux fermer les lumières de la ville». De Leloup à Madonna À lire également:
Au moment précis où il terminait la chanson, Rivard a tendu le bras vers un manche électrique dressé devant lui et l'a abaissé. Instantanément, les fameuses lumières blanches du Spectrum se sont éteintes, plongeant la salle dans une obscurité qu'on ne lui connaissait pas. Le DJ montréalais Ghislain Poirier s'est ensuite installé aux platines pour le reste de la soirée. Quelques instants plus tôt, les deux fondateurs de l'endroit, Alain Simard et André Ménard, ont adressé à la foule un petit discours d'adieu. «Le Spectrum est devenu ce qu'il est à cause des artistes qui y ont joué», a dit Alain Simard. «Nous avons tous un moton dans la gorge, mais nous allons terminer ça de façon festive, a ajouté son collègue et ami André Ménard. Il faut quand même respecter les heures légales de fermeture parce qu'on pourrait avoir besoin de notre permis dans quelques années...» Les deux hommes ont ensuite présenté une vidéo d'une vingtaine de minutes relatant quelques moments forts de l'histoire de la salle. On y a notamment vu Jean Leloup, RBO, The Police et Robert Charlebois... ainsi que Madonna, interprétée par une jeune Céline Dion en 1987. «Nous allons conserver plein de choses, comme les grandes photos du vestibule et certains articles du mobilier, a ensuite dit Alain Simard. Nous espérons de tout coeur que la salle rouvre ses portes, mais nous ne pouvons rien confirmer pour l'instant. Vive le Spectrum!» Jusqu'à tout récemment, les responsables du Spectrum ont eu espoir de présenter un concert de fermeture télévisé en octobre prochain, alors que la salle aurait eu officiellement 25 ans. Ce projet est toutefois mort dans l'oeuf il y a quelques semaines, a dit Alain Simard. |