CHLOÉ SAINTE-MARIEUn spectacle intimiste sous le signe de la poésieGeneviève Riel-Roberge 05-08-2007 | 10h23
Accompagnée sur scène de Gilles Tessier et Davy Gallant, l’interprète, se montrant tantôt émotive, (Sentant la glaise), tantôt heurtée (La haine) n’a pas laissé les spectateurs indifférents. Sa voix, parfaitement modulée selon l’intensité de l’émotion à traduire, conférait à l’artiste une simplicité touchante. «Elle a une façon de présenter la poésie, de chanter, qui est unique. Elle a une très belle voix et c’est très original comme spectacle. J’aime beaucoup sa simplicité, tout sort d’elle, elle est vraie!» a commenté Nicole, de Québec. «Chloé Sainte-Marie, c’est plus au niveau de la poésie, de la complainte… Ce n’est pas un genre avec lequel je suis très familier, je suis plus familier avec la musique acadienne, mais ça me permet de la découvrir. Elle met tant d’émotion!» a pour sa part affirmé Pierre Dufresne, également de Québec. Sensible et respectueuse des différences On connaît l’engagement de Chloé Sainte-Marie envers son conjoint, Gilles Carle, atteint de la maladie de Parkinson. Tout au long du spectacle de la chanteuse, le public a pu découvrir différents aspects de la vie qui la touchent. C’est le cas de la haine. Usant d’une savoureuse ironie, elle avait précédemment dévoilé au public un pan de son enfance passée à Saint-Eugène-de-Grantham, alors qu’elle apprenait à l’école la haine des Iroquois, des protestants, bref… des différences. «À la maison, j’ai appris à aimer Dieu, qui a une prédilection toute particulière pour les catholiques. J’ai appris à détester les Anglais, qui avaient si souvent été en guerre avec la France. J’ai appris à détester les protestants, que mes parents sont devenus par la suite. J’ai appris à détester les Iroquois. J’ai aussi appris à détester les Indiens, qui n’avaient pas accepté avec «gratitude» d’être colonisés (…). La haine est métallique. La haine est sans issue!» a-t-elle déclamé avec fougue, quelques instants avant d’entamer la chanson éponyme. C’est dans cette chanson qu’elle blâme ce sentiment qui divise et isole les individus plutôt que de les rendre sensibles à leurs particularités respectives. Autre chanson-phare encourageant le respect des différences: Je suis mohawk, témoignant d’une grande admiration pour les premières nations. Un rappel émouvant C’est dans le plus grand respect que Chloé Sainte-Marie a offert, au terme d’un spectacle riche en émotions, avec, entre autres, Nous sommes dans nos cloisons, Yeux fixes, Où est mon père?, deux chansons en guise de rappel. La dernière, Chamaille, chamaille, écrite par son conjoint Gilles Carle, ramenait à la mémoire des spectateurs le grand amour que porte l’artiste à son compagnon de vie. Prochains spectacles Ses fans pourront la revoir le 8 septembre à l’Anglicane de Lévis, le 15 septembre à l’Église de Saint-Eugène, le 22 septembre à l’Espace Félix Leclerc de L’Île d’Orléans et le 23 novembre au Théâtre Palace de Granby. Rendez-vous au www.chloesaintemarie.ca pour plus d’informations. |