PLAMONDON SELON LES JMCSaveur d'opéraJean-François Ducharme 04-08-2007 | 14h23
Du Plamondon à saveur d’opéra, tel est le menu offert par les jeunes chanteurs des Jeunesses musicales du Canada. «Le pire, c’est que je détestais l’opéra quand j’étais jeune!, écrit Luc Plamondon dans le programme du concert de ce soir. Je n’écoutais que de la chanson française et du rock’n’roll américain.» Un séjour d’études à Berlin, à la fin des années 60, fait découvrir au célèbre parolier les grands de l’opéra, dont Wagner. Il développe peu à peu une passion pour cet art en fréquentant les maisons d’opéra de Paris, Londres et New York. «Aujourd’hui, après 40 ans de fréquentation, je me sens avec l’opéra comme avec le bon vin, écrit-il. Je ne suis pas un fin connaisseur, mais certainement un grand amateur!» Honoré et ébloui M. Plamondon se considère honoré de voir quelques-unes des plus belles voix lyriques du Québec interpréter ses succès. «Je suis ébloui par tant de talent, par toutes ces voix dont beaucoup travaillent déjà à l’étranger.» La distribution du spectacle de ce soir, intitulé De l’Opéra à Plamondon, est impressionnante. Les chanteurs des Jeunesses musicales du Canada seront appuyés par près de 50 musiciens de l’Orchestre de la Francophonie canadienne. Le Choeur de la Basilique Notre- Dame de Montréal participe également au spectacle. Parmi les jeunes talents des Jeunesses musivales, la soprano Marianne Fiset a reçu le Grand Prix 2007 du Concours Musical International de Chant de Montréal. En première partie, des grands airs d’opéra, tels Verdi, Puccini et Bizet, seront interprétés sous la direction de Jean-Philippe Tremblay, un jeune prodige de 27 ans.
En seconde partie, les amateurs
de Luc Plamondon pourront
savourer les succès de Notre-
Dame de Paris et Starmania.
Les arrangements symphoniques
ont été réalisés par Simon
Leclerc, le même qui a fait les
arrangements de
Bénéfice
De l’opéra à Plamondon est un
spectacle bénéfice au profit de la
Fondation des Jeunesses musicales
du Canada, un organisme
qui permet à des chanteurs et des
musiciens de franchir le pont
entre les études et la profession.
Les Jeunesses musicales ont été
créées en 1940, à Bruxelles, pour
lutter contre la tyrannie nazie.
Les fondateurs croient alors que
lamusique est un langage universel
qui peut combattre le racisme
et l’intolérance. Ils mettent sur
pied, en 1945, les Jeunesses musicales
internationales dans une
quarantaine de pays.
Chez nous, les Jeunesses musicales
du Canada voient le jour en
1949. Au fil des ans,Joseph Rouleau,
Maureen Forrester,Marek Jablonski,
Louis Quilico, James Campbell,
André Moisan, Aline Kutan, James
Ehnes et Marie-Nicole Lemieux,
pour ne nommer que ceux-là, ont
fait partie de l’organisme.
La mission des Jeunesses musicales
est de présenter la musique
classique à des endroits où il n’y
en a pas habituellement. «Par
exemple, nos artistes font découvrir
aux Matanais, qui n’ont pas
de compagnie d’opéra, ce qu’est
cet art avec tous les costumes et
les décors», explique le porteparole
des Jeunesses musicales
du Canada, Martin Boucher. Les
artistes se déplacent également
dans plusieurs régions éloignées,
notamment en Abitibi et au Nouveau-
Brunswick. «On ne va pas
dans le bois, mais presque!»
Outre les concerts classiques
traditionnels, des spectacles destinés
à un jeune public sont présentés
à plus de 10 000 jeunes des
CPE et des écoles primaires.
L’organisme offre également
des bourses aux étudiants en
musique et aux musiciens en
début de carrière. Les bourses
sont offertes aux artistes qui en
ont le plus besoin. «On n’a pas de
programme officiel de bourse
parce qu’on ne veut pas s’enfermer
dans un carcan, affirme Martin
Boucher. Si un musicien a une
audition à New York ou Vancouver,
on veut réagir rapidement.»
Par ailleurs, l’Orchestre de la
Francophonie canadienne, supporté
par les Jeunesses musicales
canadiennes, présentera
trois spectacles gratuits les 11 et
12 août, à l’église Saint-Jean-Baptiste
de Montréal. |