JOHN FOGERTY EN SPECTACLEUne ambiance de kermessePhilippe Rezzonico Le Journal de Montréal 18-07-2007 | 10h18
«J'adore cet endroit! C'est complètement fou ici!» Le commentaire offert au début du rappel par John Fogerty, devant 3000 spectateurs totalement déjantés à la salle Wilfrid-Pelletier, illustrait à merveille l'ambiance de kermesse qui a prévalu, hier, pour son tout premier passage en carrière à Montréal. Ce n'est pas à un spectacle, ni même à un événement auquel nous avons eu droit. Par sa fougue juvénile, sa puissance vocale phé-no-mé-na-le, et son doigté de guitare leste comme il n'est pas permis d'en posséder un dans la soixantaine, le fondateur de CCR nous a offert la plus incroyable des messes musicales. Dès qu'il a lancé Travelin' Band sous une ovation soutenue, nous savions que nous allions assister à quelque chose de pas ordinaire, mais à ce point? Franchement, j'ignorais que Mick Jagger pouvait avoir un rival légitime sur scène. Fringant comme un guitar-hero, Fogerty n'affichait pas ses 62 ans. Ça nous a pris quelques minutes à réaliser à quel point l'amorce atomique du spectacle n'était pas un leurre: Fogerty a conservé cette énergie pendant près de deux heures face à une foule où il y avait une quantité étonnante de fans dans la vingtaine et la trentaine. Comment ne pas s'éclater quand Fogerty se paie des solos d'enfer sur Green River, I Heard Through the Grapevine et Proud Mary, face à une foule qui scande les «Roll It On the River!» avec un tempo aussi frénétique que celui maintenu par le batteur Kenny Aronoff. Char d'assaut Fogerty sait toutefois y faire. Si les légendaires Born On The Bayou, Lookin' Out My Backdoor et Bad Moon Rising s'imposent d'elles-mêmes, Fogerty et ses collègues ont livré Midnight Special et Old Man Down the Road avec cinq guitares à l'avant-scène, tel un char d'assaut. Le vétéran sait néanmoins nous émouvoir en nous parlant de sa petite fille qui aime les arcs-en-ciel, prélude à une livraison magique de Have You Ever Seen the Rain, où il se fait plaisir en invitant ses fils, Shane et Tyler, à jouer de la guitare pour Down On the Corner. Entre les histoires de Woodstock menant à la création de Who'll Stop the Rain, la communion de Centerfield et le plaisir coupable de hurler Good Golly Miss Molly avec une sono assourdissante - l'élément exagéré de cette production sobre - on est sûr d'une chose: Fogerty pourrait bien nous revenir sous peu. «En 62 ans, je ne suis jamais venu à Montréal ni au Québec. Quel accueil!!», a-t-il lancé à la foule déchaînée. Quel show, avons-nous le goût d'ajouter. Une mordue de 79 ans!
On savait tous que la venue de John Fogerty à Montréal était un événement, mais pas au point de voir une spectatrice âgée de près de 80 ans... Ce fut le cas hier soir, quand Thérèse Lacroix-Renault - la grand-mère de notre confrère Philippe Renault - s'est présentée à Wilfrid-Pelletier avec son fils Jacques. Le rock «J'ai toujours aimé la musique et le rock», dit la dame qui a «presque» 80 ans. «Il y avait six gars à la maison et il y avait toujours de la musique. Sans fond de musique, je ne suis pas capable de fonctionner, même si je ne suis pas capable d'écouter du métal», dit-elle. «J'aime beaucoup Phil Collins, les Rolling Stones, America, les Eagles, ainsi que Richard Séguin et Dany Bédar», ajoute-t-elle, déclinant ses goûts musicaux. En forme En belle forme, la dame s'est même offert un triplé de 416 (126, 142, 148) aux quilles, en après-midi. «Je les ai tous battus», nous lance-t-elle, avec fierté. Nous, on pense que l'ami John avait besoin de faire un bon show.... |