THE WHITE STRIPESUn doublé remarquablePhilippe Rezzonico 08-07-2007 | 12h01
En toute justice, quand on s'est pointé au théâtre du Centre Bell vendredi soir, nous étions quelques-uns à être encore sur le choc de la performance de Jack et Meg White en après-midi, au régiment Black Watch, rue Bleury, où le duo avait offert une prestation gratuite surprise de 20 minutes devant 90 personnes totalement éberluées. Pouvait-on espérer vivre le même électrochoc en soirée, cette fois, avec un peu moins de 6000 personnes, après avoir vu jouer The White Stripes à portée de main ? Après quelques minutes, la réponse ne pouvait être qu'un "oui" retentissant. Que ce soit dans le mess des officiers des Black Watch ou un amphithéâtre comme celui du Canadien, The White Stripes ne font aucune distinction : l'intention, la livraison et l'intensité sont les mêmes. La différence, c'est qu'au lieu d'être entourées d'armoiries, de photos et de trophées militaires, les "rayures blanches" baignaient dans leur univers de rouge écarlate. Non seulement le duo était vêtu en rouge, mais la scène, les trois escaliers, le mur du fond et l'orgue étaient rouges, eux aussi. Passé et présent La musique, elle, était aussi saignante que la scène, peu importe si le duo interprétait les nouvelles compositions de Icky Thump ou des chansons qui remontaient à ses débuts. Si, en après-midi, The White Stripes nous avaient offert leur premier "7 pouces", Let's Shake Hands, en soirée, on a renoué avec le passé avec Astro, When I Hear My Name et l'ironique You're Pretty Good Looking (For a Girl), qui remontent aux albums The White Stripes et DeStijl. Plaisir pour les vieux fans. Plaisir pour tous, en revanche, quand Jack court pour aller chanter dans les micros dispersés sur toute la scène, surtout celui près de la batterie de Meg, ce qui mène à une complicité rare. Juste avant le rappel, les anciens amoureux nous ont offert un solo de batterie à quatre mains avec Jack collé au dos de son ex. Miam... Jack avant tout Mais si Meg nous séduit quand elle prend le micro pour nous chanter In the Cold Cold Night ou qu'elle est soulevée de son tabouret tellement elle frappe fort sur ses peaux, c'est Jack que l'on vient voir avant tout. Jack, guitariste hors normes, qui sait avoir une touche sensible pour Jolene - une chanson de Dolly Parton - et faire le meneur de jeu quand la foule se met à hurler "Yean! Yeah!"durant I'm Slowly Turning Into You. Mais c'est quand il se lance dans des solos torrentiels comme ceux de Rag and Bone, Catch Hell Blues et le riff béton de Seven Nation Army que l'on le préfère, surtout quand il rajoute une phrase de Ready Teddy, de Little Richard. En près de deux heures, pas une minute s'est-on ennuyés à voir le monsieur à la voix puissante (quel chanteur!) nous offrir des lignes continues abrasives ou des ruptures dignes de coups de hachoir. Vendredi, le jeune couple royal du rock était à Montréal, deux fois plutôt qu'une. |