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Bob Dylan - Maître de son temps
Photo d'archives
Bob Dylan sera mercredi à son deuxième passage à Montréal en huit mois, quand il jouera à Wilfrid-Pelletier, scène de sa première visite en 1966.

BOB DYLAN

Maître de son temps

par Philippe Rezzonico
Journal de Montréal
02-07-2007 | 14h17
Place des Arts, salle Wilfrid- Pelletier,20 février 1966: un jeune homme nommé Bob Dylan, qui avait fait basculer le folk en mode électrique à Newport l’été précédent, se pointe à Montréal quelques mois avant de mettre en marché son classique, Blonde On Blonde.

Vous y étiez? Moi, non plus. J’étais encore au berceau. Il faudra probablement avoir au bas mot 55- 60 ans,mercredi prochain, pour retrouver un fan de Dylan qui a assisté à ce spectacle en 1966. D’où l’aspect événementiel de la chose.

Dylan, vu au cours des ans dans toutes les grosses salles et amphithéâtres de la métropole, va s’offrir une salle à dimension humaine, lieu de son passage à Montréal il y a 41 ans. Ce coup fumant du Festival de jazz, on le doit en partie à Paul Simon, aux dirigeants du FIJM… et à Dylan lui-même.

Simon et Dylan partagent le même représentant, Jeff Kramer, auprès duquel les dirigeants du FIJM ont souligné l’été dernier qu’ils aimeraient bien voir Dylan jouer au Festival en 2007. L’accusé de réception est venu quelques mois plus tard, quand Dylan a accepté l’offre du FIJM de se produire mardi prochain, le jour de l’Indépendance américaine.

On a beau penser que Simon a dû dire des bonnes choses de son passage à Montréal en 2006 et que Kramer est un gars persuasif, mais nous, on pense que Dylan avait vraiment le goût de revenir.

RETOUR INESPÉRÉ

Bob Dylan était passé au Centre Bell le 8 novembre 2006, soit quatre ans après son passage précédent. Un tel retour était d’autant plus improbable et inespéré que le cachet n’est pas le même. Dylan ne peut se faire offrir une bourse identique à celle liée à la recette d’un amphithéâtre de 15 000 personnes (Centre Bell) quand il joue dans une salle de 3000 places comme Wilfrid- Pelletier.

Bref, comprenez que Dylan a accepté de revenir à rabais. Et ça, dites-vous bien que ce n’est pas son agent qui a pris cette décision. His Bobness est revenu parce que ça lui tentait, d’autant plus qu’on va lui remettre le prix Montreal Jazz Festival Spirit, qui a été offert à Paul Simon l’an dernier.

On trouve que c’est un beau geste pour celui qui a décidé il y a bien longtemps qu’il ne jouait plus le jeu traditionnel de l’industrie, mais qu’il allait jouer le jeu à sa façon. C’est à ce moment que Bob Dylan a entrepris ce qu’on désigne maintenant comme étant le Never Ending Tour.

MUSICIENS ÉMÉRITES

Et si Dylan a vieilli (il a eu 66 ans le 24 mai) et qu’il ne joue plus de la guitare – quel merveilleux show en 2002 –, il a encore un groupe de tueurs qui assure autour de lui, soit les guitaristes Stu Kimball, Denny Freeman et Donnie Herron, le bassiste Tony Garnier et le batteur George Cecile.

Attendez-vous à des chansons du récent Modern Times – notamment Thunder on the Mountain –,mais prenez ce que le monsieur va vous donner pour le reste. En décembre, Masters of War et Stuck Inside of Mobile with the Memphis Blues Again étaient de la partie,mais cette fois, ça pourrait être d’autres classiques qui seront à l’affiche. Dylan a tellement de hits qu’il ne peut tous les offrir le même soir, ce qui l’emmerderait probablement au plus haut point.

Quant à ceux qui pourraient être agacés par certaines relectures de classiques fortement modifiés en regard des versions originales, Columbia a annoncé cette semaine la parution d’une immense rétrospective (coffret triple, photos exclusives, etc.) pour le 2 octobre prochain.

Après 45 ans de carrière, Dylan est encore pleinement d’actualité.

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