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Festival de la Chanson de Tadoussac - Un buffet musical d’artistes en résidence
© Canoë
Andrea Lindsay

FESTIVAL DE LA CHANSON DE TADOUSSAC

Un buffet musical d’artistes en résidence

17-06-2007 | 18h47
Ils sont dix à former la cuvée 2007, dix jeunes auteurs-compositeurs-interprètes aux talents multiples invités par le Festival qui, sous la houlette de Xavier Lacouture, ont participé à des ateliers d’écriture toute la semaine à Tadoussac: une expérience enrichissante que chacun a vécu de manière personnelle. Rencontre avec quatre d’entre eux.

Jipé Dalpé

Pour l’artiste montréalais, cette résidence d’écriture est sa troisième en autant d’années: «Je suis venu la première fois en tant que finaliste au Festival de Granby, puis j’ai connu les organisateurs et on m’a proposé de revenir. Ces ateliers, axés exclusivement sur l’écriture, sur la création de textes de chanson, sans le rapport à la musique, sont un secret vraiment bien gardé.»

C’est grâce à des procédés inspirés de l’Oulipo (OUvroir de LIttérature POtentiel) que Jipé Dalpé et les neuf autres artistes émergents avec lui en résidence ont eu l’occasion d’acquérir des outils pour explorer diverses voies/voix créatives: «Souvent, on a l’impression qu’on écrit de telle ou telle manière et que ça nous ressemble, mais dans le fond il y a tellement une espèce de zone de censure qu’on s’est imposée parce qu’on a à rendre un résultat, parce qu’on doit chanter, parce qu’on n’ose pas. Finalement, en enlevant complètement ça pour l’écriture, je me suis rendu compte qu’il y avait des textes qui pouvaient m’amener ailleurs tout en restant près de moi, et rendre ainsi mon répertoire beaucoup plus large.»

Gaële

Venue des Alpes françaises et résidente du Québec depuis sept ans, Gaële lancera pour sa part son premier compact, «Cockpit», le 19 septembre prochain. Ses expériences sur scène, notamment avec le spectacle collectif Toutes les filles et en première partie de Bori, lui ont tranquillement donné une confiance et une fierté compréhensibles, qui ne la quittent pas au fil des exercices d’écriture donnés par Lacouture et qui contribuent à renforcir son sentiment de diriger sa carrière dans la bonne direction.

«Ça a vraiment affirmé ce que j’étais, ça m’a réconforté de voir que mon univers d’écriture et mon univers musical correspondaient à ce que j’avais approfondi sur mon premier album.» Lauréate de Petite-Vallée en 2005, elle définit son style comme un produit hybride, intimiste et éclaté, rayonnant d’intégrité et qui vise autant à vous faire rire qu’à vous faire pleurer.

Natalie Byrns

La jeune artiste partage son temps entre le théâtre et la musique. Les deux passions se sont toujours un petit peu bataillées et la musique a toujours eu le haut du pavé. Son album, Le soleil sur l’épaule, sorti au tout début du mois de juin, gravite autour du thème du retour, il s’agit d’un produit «très organique, très accoustique, avec des violons, des guitares, de l’accordéon, du piano et beaucoup de percussions».

«Il faut toujours être en éveil, toujours se nourrir, et comme je viens de faire une année de production, j’ai moins écrit, alors ça m’a fait un bien fou de venir casser certaines barrières en résidence, d’amener mon écriture ailleurs, et puis ça me permet d’entrevoir une suite. Je repars d’ici avec des textes, des phrases, des titres, avec des idées, des étincelles, des portes qui se sont ouvertes et des outils pour recréer ce que j’ai vécu en atelier. Je suis vraiment enchantée.»

Andrea Lindsay

«Voix de porcelaine, physique de fée, accent à la Birkin», voilà comment on présente Andrea Lindsay, et cette introduction s’avère loin d’être trompeuse lorsque l’auteure-compositeure-interprète monte sur scène et qu’on peut constater son immense maturité musicale. Originaire de l’Ontario mais résidant à Montréal depuis quelques années, elle a choisi de chanter en français après avoir eu un coup de foudre pour la langue de Félix Leclerc, un défi de taille pour la chanteuse qui se dit ravie d’avoir un premier opus (La belle étoile, 2006) aussi bien reçu par la critique francophone, «même que parfois, ajoute-t-elle mi-figue mi-raisin, je m’inquiète, ce n’est pas normal, je me demande quand ça viendra, j’ai presque hâte de tomber sur quelqu’un qui me rentrera dedans».

La chanson «est la seule chose qui [lui] vient aussi naturellement que marcher.» Pourtant, il y a toute une étape de relecture et de peaufinage dont elle est très consciente, un travail pour lequel elle n’hésite d’ailleurs pas à mettre la main à la pâte avec ses comparses de résidence: «J’ai déjà la contrainte des mots, à cause de la langue, mais je me pousse toujours plus loin, il faut dépasser ce qu’on connaît et explorer constamment d’autres lieux.» Outre Birkin, on pense en l’écoutant à Carla Bruni, à Leslie Feist, à Françoise Hardy, et un seul mot s’impose: envoûtante. On est sous le charme.

Les dix artistes en résidence dans le cadre du 24e Festival de la Chanson de Tadoussac sont Jipé Dalpé, Gaële, Natalie Byrns, Andrea Lindsay, Éric Bélanger, Claire Danlalune, Maître Renard, Josianne Paradis, Yan Philibert et Benoît Paradis.

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