FESTIVAL DE LA CHANSON DE TADOUSSACGourmandises musicalesCharles Bolduc 16-06-2007 | 15h47
Plus l’après-midi avance, plus on est à même de percevoir, sur la rue des Pionniers et à proximité de la baie, les résultats de ce mouvement migratoire qui amène dans l’accueillant village non seulement des gens des alentours et de la région de Québec, mais aussi des quatre coins de la province et même d’Europe. Plusieurs y reviennent année après année parce qu’ils ont eu la piqûre : «J’y suis venu en 2001 avec ma femme et mes enfants, et depuis je serais incapable d’en manquer une seule édition», raconte Bernard, un voisin d’hôtel arrivé de Victoriaville, dans la matinée, pour les événements de la fin de semaine. À CONSULTER:
Un peu plus tard, simultanément, quoique dans deux registres complètement différents, les trois gars de 3 gars su’l sofa prennent d’assaut une salle réactive à souhait tandis que Jehan pousse ses chansons un peu plus loin au bord de l’eau. Les premiers, très à l’aise sous les projecteurs et jouant de la grande complicité qui les unit, créent spontanément un rapport privilégié avec le public, une sorte de bulle dont on ressort le sourire aux lèvres. Le deuxième, d’apparence plus réservée, l’air sympathique, affirme toutefois une réelle force d’interprète à travers son récital effrontément intitulé «Le cul de ma sœur et autres gourmandises». En attendant le climax de la soirée représenté par les envolées planantes de la voix de Patrick Watson, Dany Placard (inénarrable chanteur de la formation Plywood 3/4) livre un rock racé, riche et dynamique qui enrobe des textes chargés et réfléchis. Une valeur sûre. Puis, presque sans retard, c’est au tour de Patrick Watson et de ses trois bidouilleurs sonores de fouler l’estrade que Desjardins occupait quelques heures plus tôt et, loin de se contenter de nous en mettre plein la vue, ils nous éblouissent. Le virtuose montréalais embrase la place avec les rythmes éthérés de Close to Paradise, son album sorti en 2006, dont l’atmosphère devient palpable au fil des chansons et nous colle à nos sièges. Au choix, on finira la soirée en compagnie du toujours percutant Mononc’Serge, des rythmes klezmer de Manouche ou du drum and bass entêtant de Misteur Valaire; tous trois sont d’ailleurs à nouveau au rendez-vous samedi soir, ce qui promet une autre nuit d’ivresse et bien peu d’heures de sommeil pour votre humble faiseur de nouvelles. Pour ceux à qui il reste encore du jus, vous vous réjouirez d’apprendre que certaines des grosses têtes d’affiche du festival se produisent samedi sur les diverses scènes du village, notamment Pierre Flynn, Stephen Faulkner, Tricot Machine et Yann Perreau; et pour les autres, il y a la plage, où se déroule le fameux concours de sculptures de sable qui commence sur le coup de midi. |