Accueil Divertissement
 
Canoe.ca
Festival de la Chanson de Tadoussac - Départ canon
© Charles Bolduc
Richard Desjardins

FESTIVAL DE LA CHANSON DE TADOUSSAC

Départ canon

Charles Bolduc
Journaliste Canoë à Québec
15-06-2007 | 10h11
Le week-end s’annonce chaud et chargé à Tadoussac pour la 24e édition du Festival de la Chanson, autoproclamé, avec une justesse qui frôle désormais l’évidence, «le plus grand des petits festivals». Fort d’une croissance de plus de 200 % depuis l’an 2000, l’événement a attiré quelque 27 000 personnes l’année dernière (alors qu’il faisait pourtant un temps à écorner les bœufs) et il y a fort à parier, température aidant, que l’affluence surpassera cet été les plus audacieuses attentes.

Le village tout entier pulse d’ailleurs au rythme des festivités : l’église, les restaurants, les bars, les cafés, les auberges, les places publiques, les rues, les rives, chaque commerce, chaque individu semble être au diapason et l’ambiance est à la fois chaleureuse et survoltée. Et pour cause : ce jeudi soir, qui marque l’ouverture officielle d’un déversement de décibels qui ne s’arrêtera pas avant dimanche après-midi, verra certains des plus grands noms de la chanson francophone actuelle défiler dans les salles et sous les chapiteaux d’un lieu exceptionnel dont la réputation n’est plus à faire.

Trois Machins et une Machine

Vulgaires Machins lance le bal sur la scène Bell. Le groupe, récipiendaire du prix Miroir Coup de Cœur au dernier Festival d’été de Québec, arrive après une bonne demi-heure de retard, pendant laquelle son public trépigne d’impatience de voir les quatre Machins – pas si vulgaires que leur nom le laisse penser –, fouler les planches comme les bêtes qu’ils sont. C’est un rock franc, communicatif, de ceux qui font spontanément bouger la tête et lever le bras, que les musiciens balancent avec énergie dans les haut-parleurs. Au milieu de la mêlée remuante, on est en mesure de constater que leur album «Compter les corps», sorti à l’été 2006, s’affirme aussi puissamment sur scène que dans le ipod.

L’homme et sa guitare

Occupant assez ludiquement la scène qui porte son propre nom, Richard Desjardins poursuit la soirée avec son récital intitulé «Richard Desjardins et sa guétard», un show qu’il roule depuis déjà plusieurs années et qu’on ne se lasse jamais de voir, d’entendre et surtout d’écouter. Il faut dire que le Témiscabitibien sait parler au public, entassé à guichet fermé dans une salle au caractère délicieusement intime, propice à ces confidences dont l’artiste ne saurait, avec sa grande générosité et son humour en demi-teintes, nous priver. La vingtaine de chansons qui composent ce spectacle sont tirées de l’ensemble de ses albums et sont entrecoupées, ici et là, de brillants monologues tantôt poétiques, tantôt dénonciateurs et tantôt gorgés de cet hymne à la vie qu’il porte en lui comme un souffle des origines.

En vrac

On aura également assisté aux prestations de Juan Sebastian Larobina dans un Café-Bar le Gibard bondé et surchauffé; de la savoureuse Lara, accompagnée sur scène d’une contrebasse et d’un accordéon, qui nous aura offert une musique sensualiste ponctuée de purs moments de bonheur, comme ces réjouissantes reprises de Françoise Hardy et de Boris Vian; et finalement de Band de garage, un groupe au son lourd, «corpo-trash-vidange», dont on s’étonne toujours qu’ils ne soient que deux, une guitare et une batterie, mais avec la présence et l’énergie qu’ils possèdent, ça s’avère amplement suffisant pour faire sauter la foule d’hurluberlus déjantés qui en redemandait à la moindre occasion.

Un espresso bien tassé, demain matin, Chez Mathilde ou au Café Bohème, pour bien se remettre les idées en place, et on repartira pour une nouvelle journée de festivités. Le coup d’envoi du 24e Festival de la Chanson de Tadoussac est ainsi donné, et la vague de fond qu’il entraîne avec lui est énorme : il est à prévoir que les prochains jours tiendront ici de la démence.

haut