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Joss Stone au Métropolis - Une voix exceptionnelle, un spectacle à peaufiner
© AP
Joss Stone a toujours une voix exceptionnelle.

JOSS STONE AU MÉTROPOLIS

Une voix exceptionnelle, un spectacle à peaufiner

Philippe Rezzonico
Le Journal de Montréal
07-06-2007 | 13h13
Elle a maintenant 20 ans, mais elle a conservé l'attitude juvénile de ses 16 ans. Sa chevelure n'est plus blonde, mais dotée de multiples reflets. Une chose n'a cependant pas changé: Joss Stone a toujours une voix exceptionnelle.

Mardi soir, la soul sister la plus blanche qui soit n'a laissé planer aucun doute dans le Métropolis. Stone est plus que la descendante des Aretha Franklin, Etta James, Janis Joplin et Dusty Springfield: elle en est l'une des seules représentantes chez les jeunes artistes, au point qu'elle rend maintenant hommage aux grands autant dans la forme que dans le fond.

Ça commençait à maugréer vers 22h10, quand la jeune femme se faisait attendre. Et quand son band a amorcé la performance, à 22h15, il y a fallu cinq bonnes minutes avant que Stone monte sur scène. Les gens de son âge n'ont peut-être pas saisi, mais les plus âgés savent qu'elle imite la façon de faire que James Brown et Ray Charles ont mise à profit durant des décennies.

Pour le troisième spectacle de sa carrière à Montréal, Stone a axé sa performance sur les nouvelles compositions du disque Introducing Joss Stone. Introduction, en effet. On avait l'impression que peu de gens parmi les 1700 spectateurs présents l'avaient déjà vue sur scène tant ses performances vocales étaient savourées et analysées dans une atmosphère plus contemplative que festive. Est-ce parce que les compositions de Stone ne jouent presque pas à la radio commerciale? Probable parce que le vibe généré par ses anciennes chansons comme Super Duper Love (très fort) et Right to be Wrong, interprétée par la foule, était plus probant.

Fougue irrésistible

N'empêche, quand la chanteuse aux pieds nus mettait toute la gomme, ça marchait à fond. Le saxo de Put Your Hands on Me ainsi que l'abandon et le jam de l'explosive Tell Me 'Bout It étaient irrésistibles.

C'est néanmoins ses émotions que Stone voulaient mettre à l'avant-plan. Ses monologues sur son amour pour la musique et sur les hommes étaient aussi sympathiques qu'un peu gauches, mais ils ont surtout brisé le rythme. La jeune Britannique voulait nous bercer. Sur ce plan, ses interprétations de Tell Me What We're Gonna Do Now - qu'elle a reprise au rappel en lançant des fleurs dans la foule -, Jet Lag et Victim of a Foolish Heart étaient renversantes.

Ce parti pris artistique a toutefois minimisé l'apport des cuivres, alors que la basse était mal calibrée au possible. Si Stone n'a pas démérité une seconde au plan vocal, comme l'a constaté la copine Valérie, qui l'a trouvée «impressionnante», elle a quelques éléments de ses spectacles à parfaire, notamment le pacing et la durée.

Parce qu'avec trois disques sous la ceinture, une heure et 25 minutes de prestation, c'est un peu court. Nous, à 20 ans, on se couchait pas mal plus tard.

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