ARCADE FIRELe grand retour des prodigesPhilippe Renault Le Journal de Montréal 13-05-2007 | 13h04
Cette fois, ce n’était pas dans l’intimité de la petite église que le groupe avait convié ses fans, mais plutôt à l’Aréna Maurice-Richard. Autre lieu, même engouement, avec en moins le sentiment de proximité avec ses idoles internationales, évidemment. Dès leur entrée sur scène peu avant 22 h, en saluant simplement de la main les quelque 6 000 spectateurs, on a senti cette ferveur contenue depuis des heures monter rapidement. Puis, dès les premières notes de Black Mirror, titre d’ouverture de leur dernier album, Neon Bible, l’intensité est montée d’un cran. De plus en plus imposant En fait, tout au long de la prestation, on avait cette impression que tout devenait de plus en plus imposant. Il y a No Cars Go, également issue de Neon Bible, au cours de laquelle chaque petit changement d’intensité vocale ou instrumentale provoquait une réaction instantanée. La dizaine de musiciens menés par le duo Win Butler/Régine Chassagne a ensuite offert une incursion dans l’univers de Funeral, avec Haïtie, qui bénéficiait d’un rehaussement dans la richesse des arrangements, puis Neighborhood #2 (Laïka), et la langoureuse In The Backseat, mettant une fois de plus à l’honneur la voix délicate de Régine, pour finalement transiter vers Une année sans lumière. Après un retour à Neon Bible, une véritable explosion est venue secouer l’aréna avec notamment Rebellion, qui a vraiment animé la foule, mais aussi My Body is a Cage, menée par la lourdeur de l’orgue. Mais… Plusieurs se sont posé la question: pourquoi l’Aréna Maurice-Richard? Nous sommes effectivement en droit de nous interroger sur le choix de cette salle qui n’est aucunement conçue pour recevoir des concerts rock. Oui, un grand amphithéâtre augmente les possibilités techniques, comme la disposition d’un écran géant derrière la scène ainsi que de néons un peu partout autour de la dizaine de musiciens, mais n’en demeure pas moins que l’acoustique n’était pas très bonne. Disons que c’était passable, mais le côté grandiose des arrangements perdait parfois de sa valeur lorsque les sons des divers instruments s’entremêlaient dans les hauteurs de l’aréna et que la basse ne devenait qu’un vague grondement. Mais bon, on peut bien leur pardonner, devant une telle qualité de chansons et surtout quand on repense à l’imposant chœur de fans qui a donné une dimension plus grande que nature à Wake Up. |