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Vente de disques - L'industrie pique du nez
Le portrait offert au terme du premier tiers de 2007 offre de sérieux contrastes et est farci de contradictions.

VENTE DE DISQUES

L'industrie pique du nez

Le Journal de Québec
07-05-2007 | 07h13
Dans certaines sociétés industrielles, l'écart s'agrandit sans cesse entre les riches et les pauvres. On peut tracer un corollaire pour les ventes de disques: les gros noms cartonnent tandis que l'industrie pique de plus en plus du nez.

Le portrait offert au terme du premier tiers de 2007 offre de sérieux contrastes et est farci de contradictions.

D'un côté, les ventes carrément exceptionnelles d'une poignée de locomotives laissent sous-entendre que la crise n'est pas si marquée. De l'autre, il y a l'impitoyable réalité d'une baisse du chiffre d'affaires de 35 pour cent depuis le 1er janvier 2007 en regard de l'année précédente.

Côté jardin, on aligne donc les disques d'or et de platine. The Best Damn Thing, d'Avril Lavigne, numéro un partout, a été écoulé à 95 322 exemplaires au Canada lors des deux dernières semaines, tout près du statut platine de 100 000 unités.

De retour à la source, d'Isabelle Boulay, est certifié or en 15 jours (51 104 unités), tout comme Comme ça (64 274), de Marie-Élaine Thibert, et L'Échec du matériel (50 476), de Daniel Bélanger, dans leur cas, en quatre semaines. Pour leur part, les nouveautés d'Hilary Duff (Dignity) et de Timbaland (Shock Value) ont franchi les 40 000 exemplaires en un mois.

Bonnes performances

Si on observe les courbes à moyen terme, on voit que Fall Out Boy (Infinity On High) a écoulé 77 161 disques en trois mois, qu'Arcade Fire (Neon Bible) et Finger Eleven (Them Vs. You Vs. Me) ont respectivement vendu 63 749 et 43 856 exemplaires en huit semaines, alors que Neil Young (Live At Massey Hall) a 37 289 compacts au compteur en sept semaines de mise en marché.

À long terme, on note que Nelly Furtado a vendu 402 184 copies (quadruple platine!) de Loose en 11 mois et que Justin Timberlake a vu Future Sex/Love Sounds trouver preneur auprès de 325 192 acheteurs en huit mois. Pas exactement le goulag.

Côté cour, ça va moins bien. La baisse de 35 pour cent des ventes pour le premier tiers de 2007 révélé par la Canadian Recording Industry Association (CRIA) la semaine dernière représente une chute de 106 à 68,7 millions de dollars pour l'ensemble du marché. Si des artistes fonctionnent à plein régime, d'autres végètent plus que jamais.

À ce rythme, le record à la baisse de 12 pour cent - de 609 à 536 millions - des supports compacts et DVD pour l'ensemble de 2006 va être pulvérisé à la fin de l'année en cours.

«Nous avons connu des baisses lors de périodes bien précises, reconnaît le président de la CRIA, Graham Henderson, mais rien de comparable aux chiffres que l'on voit cette année.»

Industrie en crise

Pour la CRIA, cette baisse de plus en plus marquée est essentiellement attribuable à deux choses: le téléchargement illégal et la contrefaçon.

Depuis 1999 et l'introduction des premières ébauches d'échange de musique par Internet, le Canada a perdu environ la moitié de ses emplois dans l'industrie du disque.

La CRIA implore le gouvernement canadien de mettre en place des mesures législatives sérieuses pour contrer les deux phénomènes. À titre d'exemple, il cite ce qui se fait aux États-Unis où les lois touchant les droits d'auteur sont si sévères que le marché de vente légale par Internet et par téléphonie représente maintenant 17 pour cent du marché.

Per capita, les Américains consomment quatre fois plus de musique digitale que les Canadiens. Sans mesures concrètes, il est plausible de penser que cet écart va aller en s'accentuant.

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