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© Martin Bouffard - Le Journal de Montréal |
Claude Dubois |
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CLAUDE DUBOIS
L'éternel adolescent
Agnès Gaudet
Le Journal de Montréal
05-05-2007 | 04h00
Avec son nouvel album,
Duos Dubois,
Claude Dubois a fait un «sacré bon
voyage » et s’offre un magnifique cadeau
pour ses soixante ans.
Dans Duos Dubois, quelques-uns des
plus grands noms de la francophonie
chantent avec lui en duo ou en trio: Isabelle
Boulay, Patrick Bruel, Francis
Cabrel, Corneille, Céline Dion, Garou,
Lynda Lemay, Marilou,Gilles Vigneault,
Richard Desjardins, Natasha St-Pier ainsi
qu’Éric Lapointe et l’imitateur André-
Philippe Gagnon.
Chaque chanson, choisie parmi ses plus
belles compositions, a fait peau neuve,
trouvé une teinte nouvelle et un nouveau
souffle, résultat de six mois de travail
effectué par Dubois dans son studio personnel,
son laboratoire.
Écoutez des extraits du nouvel album de Claude Dubois,
Duos Dubois
Laisser l'été avoir 15 ans
Pas question d'aventure
Claude Dubois en est le premier ravi et
il raconte ses rencontres avec un large
sourire. Il parle du
Labrador, qui, dans la
bouche de Gilles Vigneault et Richard
Desjardins, a fait pleurer des profs d’université
à qui on a demandé une écoute,
raconte comment Isabelle Boulay et Lynda
Lemay ont carrément fait leur
J’ai
souvenir encore et
Comme un million de
gens. Il explique
Infidèle, que Patrick
Bruel a instinctivement interprétée à sa
façon, influençant par le fait même sa
propre interprétation.
«Ces chansons-là sont pour moi dans le
ciment, explique Dubois. Elles ont un pli.
Tout au long de la production, j’ai évité
d’imposer mon pli. J’ai insisté pour que
chaque interprète fasse son affaire, pour
souder son univers à la chanson sans trahir
l’oeuvre.»
Rien d'inutile
Pour préparer le terrain, Dubois a, à son
insu, étudié le style de chacun de ses collaborateurs,
il l’a vérifié, trouvé sa clé et
réécrit des harmonies, des arrangements
pertinents, «un vrai bonheur», dit-il.
Chacun s’est alors retrouvé dans son
monde, dans ses souliers, heureux dans
ses meubles, estime Dubois, ce qui a largement
contribué à apporter des belles
vibrations en studio.
«On n’a pas juste lancé un caillou en se
demandant où il allait tomber, spécifie
Dubois. Rien n’est inutile sur cet album.»
Le résultat est éclatant. Même l’auteur compositeur
aime écouter ses
«nouvelles» chansons, lui qui admet que
normalement ça le «gonfle» de s’entendre
chanter.
Le premier extrait, Laisser l’été avoir 15
ans, repris par Natasha St-Pier, est un hit
et beaucoup de gens croient avoir affaire
à une nouvelle chanson.
Cet album n’est pas un hommage.
Dubois rectifie l’expression. Il parle
plutôt d’une création, une communication
entre artistes et une belle preuve
d’amitié.
« Je connaissais ces chanteurs, mais
je ne les fréquentais pas, explique-t-il.
Je les ai rencontrés en chansons et ils
m’ont vraiment dérouté par leur amitié,
incluant Céline Dion et René
Angélil. Ç’a été une révélation, j’étais
sur le cul des propos tenus à mon
égard.
«Je ne fréquente pas le milieu (du showbiz),
je vis en dehors, ajoute-t-il. Leur
réaction à l’égard de mon univers m’a
très touché.»
«Sexe-A-génaire»
Claude Dubois vient d’avoir soixante
ans: «J’étais un sexe-C, fait-il comme jeu
de mots, je suis devenu un sexe-A-génaire.
Je suis monté de grade!»
Soixante ans et pourtant toujours cet
air d’éternel adolescent et un coeur à
100% reconstitué.
Déjà une décennie qu’il a été victime
d’un malaise cardiaque. Depuis, la santé
est excellente et il se targue de réussir le
test du tapis roulant mieux que son
médecin.
Le mauvais garçon de l’époque mène
bien entendu une vie plus saine, mais
toujours aussi mouvementée. La vie dans
les bars est finie pour Dubois, mais il bouge
beaucoup. Il fait de l’exercice, de la
marche, il voyage plusieurs mois par
année, entreprend de grands périples et
a fait des Caraïbes sa seconde maison
depuis qu’il est ti-cul.
«Une vie plus saine, sans dope, ça ne
veut pas dire assis sur ton cul devant la
télé», spécifie-t-il.
Son secret de jeunesse réside aussi
dans les joies qu’il s’accorde. «Je me
fais plaisir dans la vie, dit-il. C’est très
important de ne pas sombrer dans le
déjà-vu éternel, important de ne pas
être blasé.
«De toute façon, on n’a jamais tout vu,
poursuit-il. Parfois, on pense qu’on a vu
des choses,mais on n’avait pas bien
regardé. Il faut retourner voir.On ne peut
pas avoir tout vu. Celui qui dit qu’il sait
tout est un ignorant. Par contre, celui qui
dit qu’il ne sait rien est redoutable et
ouvert d’esprit. Ce n’est pas celui qui se
vante d’avoir le plus gros fromage qui a la
fromagerie.»
L’âge de la floraison
Vieillir n’impressionne pas Claude
Dubois. L’auteur-compositeur a toujours
été attiré par les poètes, pour la
plupart des gens âgés. Il voit donc l’âge
d’un oeil rafraîchissant: «Pour moi,
l’âge n’a jamais été un signe de
défaillance, déclare-t-il. Mon amour de
la poésie m’a amené à voir l’âge comme
la sagesse, la connaissance, une
floraison.»
Cela n’empêche pas le chanteur d’être
très amoureux d’une femme… beaucoup
plus jeune que lui. Mais après des
années de discret bonheur avec Louise
Marleau, il n’est pas prêt à changer de
méthode et reste discret: «Je n’ai pas
envie d’aller là-dedans», spécifie-t-il,
écorchant au passage les «p’tits journaux» qui ont annoncé sa séparation,
de faire comme pour Britney Spears,
Brave Bite (Brad Pitt) et Angelina
Jolie. «Je préfère que les gens me
connaissent par mes chansons et
ma musique. »