OPÉRA DE MONTRÉALDes lendemains qui chantentDavid Patry Le Journal de Montréal 18-04-2007 | 12h13
Comparaison «Si on compare avec la situation que l'on a dû vivre dans les derniers mois, c'est très positif», indique le directeur général de l'Opéra de Montréal, Pierre Dufour. Selon le plan de redressement adopté au mois d'août, l'organisation devait ramener son déficit accumulé sous les 650 000 $ en l'espace de deux ans. Un défi de taille que l'opéra est en bonne voie d'atteindre. Très courus, les trois premiers spectacles de la saison ont à eux seuls permis de dégager des surplus de 600 000 $. Mieux, avec l'aide ponctuelle de 150 000 $ obtenue de Québec en octobre, l'arrivée d'un nouveau commanditaire et l'annonce en début de semaine d'une subvention spéciale de 80 000 $ du Conseil des arts du Canada, c'est près de 900 000 $ que le bilan provisoire de l'organisation affiche - dans le positif cette fois - pour l'année en cours. Tous les espoirs sont donc permis pour l'Opéra de Montréal. «Si Don Giovanni, de Mozart, la dernière production de la saison, obtient un grand succès, on pourrait même résorber la moitié de notre déficit en un an», s'étonne Pierre Dufour. Mais ce tour de force ne se sera pas réalisé sans sacrifices. Plus de la moitié des employés de l'organisation ont été mis à pied, passant à 11 permanents seulement. Un coup de sabre qui force tout le monde à prendre les bouchées doubles. Le nouveau directeur général prêche par l'exemple, lui qui cumule également les fonctions de directeur de production et directeur du développement. Rythme «On ne pourrait pas soutenir ce rythme pendant cinq ans», avertit toutefois Pierre Dufour. Utile pour faire découvrir l'opéra à de nouveaux publics, l'événement extérieur gratuit a également dû être sacrifié. L'Opéra de Montréal ne se tire-t-il pas ainsi dans le pied en hypothéquant son avenir pour une vision à court terme? «Oui, mais il fallait faire des choix. L'événement extérieur demandait beaucoup d'énergie», répond Pierre Dufour. |