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Neon Bible - Sortie du dernier-né d'Arcade Fire
© AP
Arcade Fire a vendu environ 100 000 exemplaires de Funeral au Canada.

NEON BIBLE

Sortie du dernier-né d'Arcade Fire

Philippe Rezzonico
Le Journal de Montréal
06-03-2007 | 11h25
Neon Bible, nouveau disque d'Arcade Fire, sort en magasin ce matin, après qu'une partie des chansons du compact ait été diffusée au sein du Web et que l'intégralité de l'album circule dans Internet dans sa version spectacle depuis un mois. L'acheteur traditionnel sera-t-il au rendez-vous?

En toute logique, on s'attend à ce que Neon Bible soit plus populaire que Funeral, l'album étant attendu par un public plus large que celui qui suivait le groupe montréalais en septembre 2004, au moment de la sortie de Funeral. Mais avec Arcade Fire, la logique n'est pas une certitude.

Funeral s'est vendu à environ un demi-million d'exemplaires de par le monde, un chiffre que certains observateurs estiment exceptionnel pour un groupe underground. Relativisons.

Le Web, un facteur?

En 1994, un groupe inconnu nommé The Offspring lançait sous l'étiquette alternative américaine Sub Pop une galette nommée Smash qui allait franchir les 12 millions d'exemplaires, devenant le disque «marginal» le plus vendu de l'Histoire. Oui, c'était avant Internet, mais peut-on croire que le Web a coûté 11,5 millions d'exemplaires vendus à Arcade Fire? Pas sûr.

Funeral a pourtant été désigné disque de l'année 2004 par David Bowie, qui a invité Arcade Fire à jouer avec lui, tout comme U2. Dans le genre de consécration populaire, on peut difficilement trouver mieux.

Pourtant, Funeral ne s'est écoulé qu'à un peu plus de 100 000 exemplaires au Canada, dont 42 000 au Québec. Pas tant de disques, finalement, même quand on compare avec des artistes élitistes provenant du champ gauche. Pierre Lapointe avait vendu 80 000 exemplaires de son premier disque avant la sortie de La Forêt des mal-aimés, qui l'a consacré grand public, et Dumas a vendu plus de disques de Fixer le temps en deux mois et demi au Québec (29 000) qu'Arcade Fire depuis un an.

Pas comme les autres

Serait-ce une résultante de la façon de faire d'Arcade Fire, ce groupe qui ne fait rien comme les autres et qui préfère des églises mal sonorisées à un Club Soda, qui privilégie l'aréna Maurice-Richard (en mai prochain) au détriment d'un Métropolis ou d'un Centre Bell et qui fait preuve d'une attitude hermétique envers la promotion médiatique?

L'entrevue accordée à l'hebdomadaire Voir la semaine dernière était - sauf erreur - la première donnée par le groupe à un média écrit au Québec depuis la série de spectacles au Corona, en avril 2005. Il y a deux semaines, Arcade Fire a permis au prestigieux magazine New York (livraison du 5 mars) de le suivre en coulisses durant ses spectacles dans la Grosse Pomme, mais le groupe n'a pas accordé d'entrevue aux journalistes de la publication. Difficile à suivre...

Cela dit, les billets (environ 10 000) pour les deux spectacles du mois de mai à l'aréna Maurice-Richard ont trouvé preneur en 10 minutes en fin de semaine et on croit que les ventes de Neon Bible - au Québec, en tout cas - vont confirmer que la marginalité est chose du passé pour Arcade Fire.

Des ventes difficiles à calculer...

Neon Bible, d'Arcade Fire, ou Au bout du rang, de Marie-Annick Lépine? Nulle raison de ne pas s'offrir les deux nouveaux disques, qui sont disponibles en magasin ce matin. Pour les détaillants toutefois, l'équation est différente.

«Le nouvel Arcade Fire, pour nous, c'est comme n'importe quel artiste majeur du genre de U2 et Madonna, explique Charles Breton, directeur des achats chez Archambault. Nous en avons commandé autant que pour les artistes internationaux», dit-il, sans préciser les quantités.

Si Neon Bible est fort attendu, il n'est pas dit qu'il s'écoulera à 20, 30 ou 50 000 exemplaires dès sa première semaine de mise en vente au Québec, comme l'ont fait les disques de Pierre Lapointe, Jean Leclerc et Gregory Charles.

«Arcade Fire a vendu environ 100 000 exemplaires de Funeral au Canada. On ne parle pas du même engouement que celui pour des artistes francophones qui écoulent de 150 000 à 200 000 exemplaires au Québec seulement. Avec la musique avant-gardiste d'un band anglophone de Montréal, tu ne peux t'attendre aux ventes d'artistes qui touchent toutes les couches de public, comme Michael Bublé et Diana Krall.»

Et Marie-Annick Lépine? La notoriété des Cowboys fringants va se faire sentir?

«Les commandes ne sont pas du même ordre que celles d'Arcade Fire, le disque n'a pas fait l'objet de promotion à l'avance et il n'y a pas eu de single radiophonique. Marie-Annick Lépine est un nom pas encore très connu au sein d'un groupe très, très connu. En ce sens, je pense que c'est un album qui va se vendre avec régularité à long terme, en raison du bouche à oreille.»

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