JOSH GROBAN EN SPECTACLEElle ont été charméesClaudia Larochelle Le Journal de Montréal 05-03-2007 | 11h36
Il a la tête du jeune premier avec ses boucles rebelles, ses yeux perçants et sa voix modulable de baryton. Il a la séduction dans le corps aussi. Rien à voir avec la désinvolture excitante de vieux routiers du rock à la Mike Jagger: Groban est plus gracieux, mais moins assuré. Tout de même, le jeune auteur-compositeur-interprète américain, qui a soufflé sur ses 26 bougies la semaine dernière, est sur la bonne voie côté charisme. Celui que le célèbre David Foster a pris sous son aile en 1998 n'allait pas laisser en reste sa cohorte d'admirateurs qui s'étaient déplacés au Centre Bell, des femmes issues de la génération des baby-boomers pour la plupart. L'homme de ces dames Celui qui, au Québec seulement, a vendu 100 000 exemplaires de ses trois albums leur a donc donné rendez-vous avec la sensibilité qui l'a caractérisé dès ses débuts dans ses duos avec les plus grandes dames de la chanson, y compris Céline Dion et Barbra Streisand. Même si, caché derrière un épais rideau orangé, on sentait aux premières notes de sa prestation une fébrilité dans l'interprétation de You are Loved, Groban a rapidement su faire place à une sérénité douce et envoûtante. Accompagné d'une quinzaine de musiciens, ce n'est qu'après sa deuxième chanson, Mai, qu'il s'est adressé à la foule en français, toujours correct, poli, comme un bon garçon en visite qui ne veut pas déranger... On aimerait le voir se dégourdir un peu plus, mettre un peu de piquant dans ses interprétations justes. Même pendant la pop Now or Never, il n'a pas semblé plus audacieux dans sa démarche. Les projections visuelles d'oiseaux, de couchers de soleil et de lune au-dessus de l'eau n'étaient guère plus pétantes, frôlant de près le quétaine. Cordes vibrantes Or, à ses côtés, violoniste et violoncelliste suivaient la cadence tout en finesse, magistrales dans leurs interprétations. Désarmante d'authenticité et de talent, cette dernière a par ailleurs soulevé la foule avec son solo à l'introduction de Un giorno por noi. Juste pour Montréal, l'artiste, qui quittait hier la métropole pour poursuivre sa tournée à Toronto, a bien sûr repris L'Hymne à l'amour, d'Édith Piaf, dans une salve d'applaudissements en fin de spectacle. Difficile de ne pas craquer. |