Accueil Divertissement
 
JDM
Les Ékorchés - Fantasme extrême
© Albert Vincent - Journal de Montréal
Les Ékorchés

LES ÉKORCHÉS

Fantasme extrême

Philippe Renault
03-03-2007 | 19h49
Ils ont peut-être intégré guitare acoustique et violoncelle à leur album, cela ne signifie pas pour autant que Les Ékorchés font dans la dentelle.

Il s’agit du tout premier projet commun pour les vieux routiers du métal Mark Vaillancourt (chanteur de B.A.R.F.),Michel «Away» Langevin (batteur de Voivod), Pat Gordon (guitariste des Ghoulunatics) et Philippe Mius d’Entremont (violoncelliste de Maruka), un rêve que caressait Vaillancourt depuis plusieurs années.

«La première fois que j’ai écrit une toune avec B.A.R.F., assis sur un sofa, je me suis demandé comment ça sonnerait de l’acoustique dans du hardcore. C’est un vieux fantasme!» s’exclame le chanteur.

Ce dernier s’est entouré de son équipe de rêve, à commencer par Langevin.

«J’ai eu le flash quand j’ai vu «Away» au drum lors de la tournée d’adieu de Voivod. Ça faisait longtemps que je ne l’avais pas vu et je me suis dit que ça pourrait être bon de l’avoir pour ce projet», relate-t-il.

«Away» affirme de son côté avoir accepté avant tout par défi personnel.

«J’essayais de m’imaginer comment je fiterais. Je ne suis pas du genre à adoucir mon style et ça m’a pris du temps pour savoir comment tout balancer pour que ce soit cohérent», explique-t-il.

VIOLONCELLE OU BASSE?
Quant à Philippe Mius d’Entremont, il s’est greffé à cette aventure plutôt tardivement, alors que le leader commençait à songer à se munir d’un bassiste conventionnel, tanné de chercher en vain un violoncelliste.

«J’ai cherché pendant deux mois un violoncelle. J’étais sur le point de renoncer quand j’ai rencontré Philippe par hasard lors d’un spectacle à L’Hémisphère gauche. Je tenais vraiment à faire du hardcore acoustique pas conventionnel. S’il y avait eu une basse, elle aurait été acoustique parce que je voulais changer le son», mentionne le chanteur.

Et ce son lourd, mais défini, il en a fallu du temps pour l’obtenir, avec l’aide du renommé réalisateur Glen Robinson (AC/DC, Ramones, Voivod).

«Au début, on jouait dans le sous-sol avec un tam-tam et une guitare acoustique, comme des hippies! Puis ça a fini en hardcore », relate Michel Langevin.

«C’était difficile de mixer la guitare. Nous lui avons donné un son de plus en plus heavy pour accoter les autres instruments. Finalement, il y a plus de distorsion que je pensais au départ et ça fait la job», souligne Mark.

BLASTER OU FERMER SA GUEULE
Shot ça yeule, La vie m’ékoeure, D’la viande cémurs, Le feu est pogné, On est en guerre et Tête dans l’kul ne sont là que quelques titres qui évoquent bien l’esprit virulent de l’album, toujours inspiré par des prises de conscience.

«Réponses extrêmes à des situations extrêmes, lance instinctivement Mark Vaillancourt. Qu’est-ce que tu peux dire sur un pédophile remis en liberté? Tu blastes ou tu fermes ta gueule. J’écris sur ma première impression. Je ne réfléchis pas avant.»

DES SUITES
Reste maintenant à savoir si ce fantasme de Mark Vaillancourt aura des suites. Le principal intéressé assure avoir une vision à long terme avec ses nouveaux collègues. «Nous avons un vrai band. Nous avons une option avec Indica pour qu’on puisse sortir un autre album si on veut. Pour l’instant, nous attendons des dates de spectacles et nous allons tourner une vidéo», note-t-il.
haut