MUSICIENNE, CHANTEUSE ET MAMANLa simplicité volontaire selon Florence K.par Claudia Larochelle 03-03-2007 | 14h27
Faut dire qu’Alice, qui n’a même pas un an, fait la fierté de maman et papa, qui se fréquentaient depuis deux mois seulement quand elle s’est fait un nid dans le ventre de la musicienne et chanteuse. Au moment de donner ses premières entrevues au lancement de son album Bossa Blue, l’été dernier, Florence n’aurait pas pu cacher la proéminence de son bedon tant l’accouchement approchait. C’est enceinte jusqu’aux oreilles qu’elle a donné le coup d’envoi de cet album, lors d’un spectacle qui la montrait plus radieuse que jamais. Aussitôt arrivée pour notre entretien que déjà, Florence ouvrait son cellulaire pour montrer le minois de sa progéniture, un beau bébé bien en chair qui gazouille quand maman fait ses vocalises dans la maison. L’aînée de la cantatrice Natalie Choquette a elle-même hérité de la voix cristalline de sa mère, devenue grand-mère alors qu’elle n’amême pas 50 ans. Ardente impatiente Les choses se passent vite chez les Choquette-Khoriaty! «Je suis impatiente. J’aime quand les choses se règlent vite. Je ne pensais pas que tout allait être aussi rapide pour moi», explique Florence. Il y a deux ans, elle terminait un baccalauréat en communication, jouait du piano au Stash Café quatre soirs par semaine, n’avait même pas de chum et était loin de penser à changer des couches. Ensuite, elle a cru vendre tout au plus 25 000 exemplaires de Bossa Blue en huit mois. Cinquante mille se sont envolés en six mois seulement et la toune Las Calles del Sur a été sur toutes les lèvres, voire dans tous les garden partys et barbecues l’été dernier. Là aussi, tout est allé très vite pour l’étoile montante qui a les deux pieds dans la maternité. «C’est mon bébé maintenant qui est au centre de ma vie. Tout est fait en fonction d’elle. Ça me rend plus relax sur scène, j’y vais d’une façon plus naturelle.» Elle estime aussi que sa voix a changé, qu’elle a plus de soutien qu’avant la naissance de son poupon. Le type «groundé» Florence K. a aussi décidé d’opter pour la simplicité, une qualité innée chez celle qui a vendu plus d’albums que pas mal d’autres chanteuses qui se la jouent en entrevue… Florence, elle, reste vraie, généreuse, entière. Pas de nez en l’air, de look de star ou d’attitude à la con pour celle qui croyait rester dans le rayon des disques «underground» que personne n’achète. Quel étonnement quand, en allant vendre des tours d’hélicoptère pour aider son amoureux, un pilote, elle s’est rendu compte que même au bord du Fjord saguenayen, elle ne passait plus incognito, que sa musique ne s’adressait pas qu’à une petite faune montréalaise… Aucunement lié au milieu du showbiz, son chum ne tolérerait pas que le vedettariat de sa «Florence pas K.», comme il se plaît à l’appeler, soit démesuré. «Le milieu ne l’impressionne tellement pas! J’ai besoin de ça, c’est aussi pour ça que j’ai les deux pieds sur terre. C’est important de rentrer à la maison, de faire la séparation entre les deux, je ne sais même pas ce qui se passe à la télé, on n’a même pas de télé!» L'incontournable parenté Bien sûr, elle ne renie pas le glamour des premières et galas, qu’elle apprécie à l’occasion, habituée à la chose plus jeune avec sa mère. On ne la compare presque plus à sa mère. Ça la faisait plus rire que rager. «Ce qu’il y a de plus drôle, c’est que ma mère se fait maintenant demander ce que ça fait d’être la mère de Florence K.!…(rires)» À les voir toutes deux ensemble, ça ne fait pas de doute qu’elles sont de cette même lignée de femmes racées, profondes et légères à la fois. Elle prévoit monter sur scène avec samère dans un duo présenté au Festival d’été de Québec. «Quand je suis avec elle sur scène, j’ai tendance à m’effacer, à lui laisser toute la place. Comme quand je l’accompagnais au piano, je m’habillais en noir, je redevenais la musicienne dans son coin. Au-delà de la scène, on reste toujours la fille de notre mère. La mienne est exceptionnelle.» Faire briller les musiciens C’est peut-être pourquoi elle aimerait que les musiciens qui l’accompagnent sur scène prennent la place qui leur revient. «J’aimerais les faire sortir de l’ombre. Ce n’est jamais eux quiont la vedette, alors qu’ils sont super-importants. Je sais comment ils travaillent, je suis musicienne moi-même avant de chanter», rappelle-t-elle. Il faut dire que la chanteuse a su s’entourer: pas moins de six musiciens – Bob Cohen à la basse, Norm Zabala à la guitare, Anthu Vu à la batterie, Mireille Marchalaux percussions, André Leroux à la flûte traversière et Maxime Saint-Pierre à la trompette– l’accompagneront tout au long de ce spectacle qui ira en tournée un peu partout au Québec. Le dernier spectacle qu’elle a donné avec autant de musiciens s’est déroulé au dernier Festival international de jazz. Et il n’y a pas que sur scène que Florence K. pourra leur donner tout l’espace qu’ils méritent: elle prépare un ouvrage qui leur est consacré et qui paraîtra dans quelques mois aux éditions Trécarré. Plus d’une dizaine de musiciens ont accepté de se livrer à Florence K., qui signera alors son premier livre. |