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Jean-Pierre Ferland - Dans la cour du Petit Roi

JEAN-PIERRE FERLAND

Dans la cour du Petit Roi

Marie-Joëlle Parent
Le Journal de Montréal
15-01-2007 | 09h17
Jean-Pierre Ferland ne faisait pas ses 72 ans après son spectacle, samedi soir. Fier et soulagé d'avoir passé à travers, il a célébré jusqu'aux petites heures du matin avec sa famille et ses amis artistes. De retour à Saint-Norbert, la vraie vie commence...

«Je vais devenir le plus grand paresseux du monde!», a lancé Ferland à son directeur musical Alain Leblanc, hier. Ironiquement, pendant l'entretien avec ce dernier, hier midi, Jean-Pierre Ferland a téléphoné pour remercier son ami.

«On est passé à travers, on a fait une belle job», a-t-il confié, soulagé des critiques favorables dans les journaux.

Dans la journée de samedi, malgré ce qu'on laissait entendre, la pression du chanteur était très élevée, nous apprend Sophie Durocher, sa biographe.

Mais il est tout de même monté sur scène pour donner tout un spectacle. Pas question de décevoir son public une deuxième fois.

Ferland a été généreux, plus qu'il n'était prévu. La chanson Écoute pas ça avait été retirée à la dernière minute.

D'une durée de plus de six minutes et exigeante physiquement... Mieux valait ne pas trop pousser la machine.

Mais contre toute attente, Ferland s'est ravisé, porté par les décibels du public.

«C'était l'apothéose, juste de lever les yeux dans la salle, c'était impressionnant!» confie Alain Leblanc.

Il y eut aussi ce moment inusité où Ferland a fait monter sur scène une jeune femme, début vingtaine, pendant la chanson Swinguez votre compagnie.

«Il l'a aperçue dans la foule parce qu'elle connaissait toutes les paroles», raconte Sophie Durocher au téléphone.

Cette jeune femme s'est retrouvée par un heureux destin aux premières loges d'un moment historique.

Dès sa descente de scène, on lui faisait déjà signer des papiers autorisant l'utilisation de son image pour les DVD et les rediffusions.

Prière exaucée

Après le spectacle, en marchant vers sa loge, le chanteur a esquissé un signe de croix sur sa poitrine, un merci au destin de lui avoir donné la santé jusqu'à la fin.

«Il était digne, il avait le sourire fendu jusqu'aux oreilles», confie Pierre Séguin, réalisateur et ami du chanteur.

Il s'est donc retrouvé dans sa loge, remplie d'orchidées, sa fleur préférée, assis dans son fauteuil tel un pape ou un «parrain» de la chanson québécoise.

Vigneault, Rivard, Dubois et Cie

Toute la colonie artistique a défilé pour saluer le Petit Roi vers son grand départ.

Michel Rivard, Gilles Vigneault, Claude Dubois, Kevin Parent, Angèle Dubeau, Isabelle Boulay, Clémence DesRochers, Monique Giroux, Marie-Élaine Thibert, Claire Pimparé et Josélito Michaud étaient présents.

Mais aussi Michel Robidoux, qui a composé l'album Jaune, qui était très ému pendant le spectacle, tout comme Michel Rivard d'ailleurs.

«Tout le monde voulait partir avec un petit bout de Jean-Pierre !», raconte Alain Leblanc.

Gin tonic

Plus en forme que jamais, Ferland a veillé aussi tard que les plus jeunes, jusqu'à trois, quatre heures du matin.

Le chanteur, qui surveille de près sa santé, s'est même permis un petit coup de rouge et une cigarette.

Il a également renoué avec son drink de prédilection, le gin tonic, abandonné ces deux dernières semaines au profit «d'ennuyeux» jus de fruits.

Puis, la porte de sa loge s'est refermée sur 50 années de vie publique au service de la chanson québécoise, des fans et des femmes.

À partir d'aujourd'hui, c'est Ferland le simple citoyen qui prend du service. Il songe d'ailleurs à commencer par un petit voyage dans le Sud bien mérité.

  • Dans les prochaines semaines, Jean-Pierre Ferland se retrouvera avec tous ses musiciens pour visionner le DVD de son dernier spectacle. Ce sera l'heure des bilans.
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