AMERICAN MUSIC AWARDSDes sélections assez surprenantesPhilippe Rezzonico Le Journal de Montréal 21-11-2006 | 07h22
Contrairement au gala de l'ADISQ qui propose un partage entre les remises faites par des spécialistes de la musique, les ventes de disques et les votes du public, les AMA sont exclusivement une affaire de vote populaire. Là où les Grammys soulignent l'apport des auteurs-compositeurs, les AMA célèbrent les artistes que le public préfère, sans regard à la qualité de l'oeuvre. C'est probablement pour cette raison que cela mène à des choix un peu aberrants dans diverses catégories. Dans la catégorie pop-rock (pop-rock, notez bien...), le trophée de l'artiste masculin favori se joue entre deux rappeurs (Sean Paul et Kanye West) et Nick Lachey, l'ex-beau Brummell de Jessica Simpson. Allez donc y comprendre quelque chose... Si les AMA ignoraient les artistes étrangers, on comprendrait que le Britannique James Blunt - peut-être l'être humain qui a vendu le plus de disques au cours de la dernière année - soit laissé de côté dans cette catégorie. Mais comme les Canadiens de Nickelback et Nelly Furtado sont en nomination ailleurs, on ne comprend pas cette omission, d'autant plus que Blunt a sillonné les États-Unis ces derniers mois. À la limite La sélection de la catégorie musique alternative, quand à elle, est à se rouler par terre. On y retrouve Nickelback, Pearl Jam et les Red Hot Chili Peppers. Nickelback et Pearl Jam sont «alternatifs»? Pardon? Rugueux, on veut bien, mais alternatifs? À la limite, les Red Hot Chili Peppers sont originaux, mais avec plus de 20 millions de disques vendus, on croit qu'ils sont «grand public» depuis un fichu bout de temps. On pourrait continuer comme ça longtemps, mais on va conclure avec les nominations pour le trophée de l'artiste de l'année, tous genres confondus. En lice, nous avons Mariah Carey, Mary J. Blige, Daniel Powter, les Pussycat Dolls et les Rascal Flatts (un trio country). Vous voyez? Finalement, ce sont peut-être les Américains qui ont une société distincte quand vient le temps de parler de musique. |