CENTRE BELLDylan égal à lui-même...Maxime Demers Le Journal de Montréal 09-11-2006 | 05h29
Pas de décor particulier, pas d'écran géant derrière la scène, quelques spots d'éclairage de base... Fidèle à sa réputation, Dylan a livré hier soir au Centre Bell un concert sans artifices ni flaflas, et sans grande émotion non plus. Après les présentations d'usage (Ladies and Gentlemans, please welcome M.Bob Dylan, etc.) servies sur une bande sonore de fanfare, M.Zimmerman, 65 ans, est apparu sur scène discrètement, sans vraiment regarder la foule (11 750 personnes, dont plusieurs baby-boomers). Vêtu d'un complet noir et d'une écharpe jaune, le légendaire chanteur a tout de suite pris place derrière son clavier, pour y rester pendant presque tout le spectacle. Flanqué de cinq musiciens habillés en complet gris (Tony Garnier à la basse, George Recile à la batterie, Stu Kimball à la guitare d'accompagnement, Denny Freeman à la guitare principale et Donnie Herron à la mandoline et au violon), Dylan a entonné Absolutely Sweet Marie, tiré de l'album Blonde on Blonde, avec sa célèbre voix nasillarde. Surprise Côté chansons, d'ailleurs, Dylan étant Dylan, on ne savait pas trop à quoi s'attendre hier soir. Les plus récents spectacles (à Toronto, Ottawa et London) étant relativement semblables, on avait parié qu'il nous offrirait sensiblement la même chose. Mais surprise! Notre homme a chamboulé toute sa liste pour le spectacle d'hier soir. Ainsi, après Absolutely Sweet Marie, on a eu droit à Senor suivi de Stuck Inside of Mobile with the Memphis Blues Again, Masters Of War, Tangled Up In Blue, When The Deal Goes Down (du plus récent album Modern Times, paru en septembre dernier), A Simple Twist of Fate, entre autres. Bob Dylan n'a pratiquement pas dit un mot du spectacle, enchaînant nonchalamment ses pièces. Il s'est déhanché doucement à quelques reprises, a joué un peu d'harmonica à l'occasion et a enfilé un chapeau de cow-boy en milieu de spectacle. Voilà qui résume sa performance scénique. Reste qu'on a quand même eu droit à quelques moments plus intenses et énergiques (dans Things Have Changed et Masters Of War, notamment). Mais bon. On ne va pas voir Dylan pour voir un spectacle. On va voir Dylan pour voir Dylan, le mythe, la légende. Comme il l'avait fait à son spectacle précédent à Montréal (en 2002), Bob Dylan avait demandé à l'organisation du Centre Bell qu'aucun photographe ni caméraman ne soit admis dans l'amphithéâtre. |