COUP DE COEUR FRANCOPHONEComme des enfants qui jouentLuc De Larochellière (Collaboration spéciale) 07-11-2006 | 08h43
Pour un soir, les rôles étaient inversés: les critiques sur la scène, les artistes dans la salle. C'était la deuxième présentation des Ratés Sympathiques, dans le cadre de Coup de coeur francophone. Je n'ai pas assisté à la première, mais lorsqu'on m'a offert de jouer les critiques, j'ai accepté immédiatement en me disant: «Voilà une belle occasion de prendre quelques revanches!» Mes intentions revanchardes sont disparues dès le début du spectacle. En voyant entrer en scène Sylvain Cormier, critique du Devoir, armé d'un micro fermé et qui entamait muettement une chanson de Georges Dor, j'ai ressenti l'état de fragilité dans lequel on se retrouve sur scène. J'ai vu plusieurs de ces terribles critiques se transformer en êtres traqués, fragiles, malhabiles, fébriles, surexcités ou même épouvantés. J'ai été surpris de voir à quel point ils étaient, pour la majorité, habités par ce désir de bien faire, comme des enfants qui jouent... sérieusement. Soyons honnête, un spectacle d'amateurs, mais donné, pour la plupart, par de vrais fans de musique. On en a vu de toutes sortes. Des rockeurs frimeurs - Richard Labbé, La Presse -, des imitateurs de Renaud - Claude André, Ici - et des Trois Accords - Nicolas Titley et sa bande de MusiquePlus -, des rappeurs brouillons - Philippe Renaud et Alexandre Vigneault, La Presse - et même une Soeur Sourire au numéro interminable - Thierry Colijon, de Belgique. Je donnerai quand même une étoile à Éric Robitaille pour son sexy fédéraliste, à la gang de CIBL pour Tout va très bien madame la Marquise, à Paule Vermot-Desroches pour Décevoir, de Lynda Lemay, et, surtout, à Luc Fortin pour sa touchante interprétation de Ma belle amour, de Michel Rivard. Quant à Philippe Rezzonico, du Journal de Montréal, je lui décerne la médaille du courage pour sa version a capella, prise un peu trop haut, de Sur ma vie, de Charles Aznavour. La soirée fut très agréable, quoique un peu longue. Et c'est à minuit, chez moi, crayon en main, que je me suis mis à avoir le trac! |