DANS LES BACSUn Sting classique et un classique d'ElvisPhilippe Rezzonico Le Journal de Montréal 10-10-2006 | 12h02
Songs from the Labyrinth, endisqué chez Deutsche Grammophon, est une incursion du Britannique dans l'univers du compositeur John Dowland (1563-1626). Contrairement à Paul McCartney qui vient de créer le deuxième ouvrage de facture classique de son cru, Sting s'attaque à un répertoire existant, celui de Dowland, un Anglais perçu comme un chanteur et compositeur troublé ayant été refusé à la cour d'Elisabeth Ire en 1594. Soutenu par le musicien Edin Karamazov, qui s'acquitte de toutes les partitions de lutherie - sauf en deux occasions -, Sting s'offre un véhicule vocal à des lieues de ce qu'il nous a habitués. Que ce soit par l'entremise des interprétations des chansons ou avec les narrations de lettres écrites par Dowland il y a plus de 400 ans, le chanteur sort des sentiers battus de la pop et du jazz. Chantées avec respect par Sting et jouées avec doigté par Karamazov, les compositions, minimalistes dans leur enrobage, sont denses dans la livraison, ne fût-ce que par la mélancolie de l'oeuvre de Dowland. Cela dit, on se demande si l'amateur de musique classique ne sera pas mieux servi que le fan de Sting qui se procurera le disque uniquement en raison de la notoriété du chanteur. Parce qu'à l'arrivée, c'est l'impression qui perdure. Comme d'autres musiciens pop avant lui, on a l'impression que Song from the Labyrinth ne sera pour Sting qu'une curiosité dans un immense catalogue. Elvis, Carl, Johnny et Jerry Lee Le 4 décembre 1956, Elvis, recruté chez RCA, fait un retour dans les Studios de la Sun au moment où Carl Perkins enregistre avec le jeune Jerry Lee Lewis. Sam Philips dit à Johnny Cash d'accourir et il branche les micros. Réédité dans son intégralité - il manquait près de 15 minutes dans la première version -, The Complete Million Dollar Quartet démontre le plaisir de ces grands qui s'éclatent avec le rock naissant (Don't Be Cruel), la musique d'église (Just a Little Talk with Jesus), le country (Keeper of the Key) et le Dixieland (Down by the Riverside). Ce truc, c'est le premier jam du rock, 12 ans avant le Rock'n roll Circus des Stones, deux décennies avant le Live Aid et plus de 30 avant les galas de MTV. Essentiel. |