À NE PAS MANQUER!Une attaque massive sur Montréalpar J. Sébastien Chicoine 09-10-2006 | 00h55
Il faut s’entendre sur le sens donné au terme «attaque», ici. Ce n’était pas de l’agression, c’était de la saturation. Une saturation de plaisir auditif et visuel. Après une longue, très longue - et pour certains trop longue - attente, les lumières de la vénérable salle de spectacle se sont éteintes pour permettre au système d’éclairage, notamment composé de «crawlers» lumineux qui nous transmettaient des informations sur Montréal (date de fondation, nom du maire, noms parfois obscurs de natifs célèbres de la ville), de donner le ton. Après un bon cinq minutes de ce traitement, Robert «3D» Del Naja a pris possession du Métropolis en compagnie de cinq musiciens. Déjà, la surprise était forte pour ceux qui ne savaient pas à quoi s’attendre: un guitariste, un bassiste, un claviériste et DEUX batteurs! C’était parti pour un 90 minutes qui allait se révéler rien de moins qu’extatique. Le choix des pièces et leur livraison d’une rare intensité n’ont eu d’égal que la surprise qu’a eue la foule lorsque d’abord Grant «Daddy G» Marshall est apparu, puis ensuite Elizabeth Fraser (Cocteau Twins, une fréquente collaboratrice) et finalement Horace Andy. Il ne manquait que Tracey Thorn et Sinéad O’Connor pour avoir le portrait de famille complet. Oui, hier soir au Métropolis, Massive Attack nous a emmenés tout près de la perfection pour un concert. Le son était irréprochable, le jeu de lumières - assuré par ce qu’il convient d’appeler l’écran géant derrière le groupe (imaginez le «crawler» de LED, mais format géant, multicolore et hyper-lumineux) - était non moins intense et le choix des pièces et leur enchaînement ont tous contribués à créer une atmosphère dont on a rarement la chance de faire l’expérience lors d’un concert, tous genres confondus. La première pièce laissait presque croire que Massive Attack était devenu un groupe goth, mais on est passés de ça à des moments dont même Pink Floyd n’aurait pas eu honte à d’autres - notamment Hymn of the Big Wheel et Teardrop - d’une beauté pure et crystalline. C’est sans parler des emportées des musiciens sur certaines pièces, où il fallait voir la foule se comporter comme dans un show heavy metal! C’est tout à fait personnel, mais malgré que le setlist ait été excellent, j’ai quand même trouvé qu’il était trop fortement biaisé sur l’album Mezzanine. Ce biais étant néanmoins compréhensible étant donné l’immensité de ce disque, on le pardonnera au groupe. Et puis nous avons quand eu droit à Safe from Harm et Unfinished Sympathy de Blue Lines, mais force est d’admettre que Protection et 100th Window étaient sous-représentés. J'ignore s'il reste des billets, mais - sans prendre position pour ou contre les scalpers - faites tout ce que vous pouvez pour voir ce concert. D'ailleurs, dimanche soir, ils étaient plusieurs à affirmer les vendre sous le prix au comptoir. Flabberghasting, je vous le promet! |